"Il faut gagner les signatures une à une" : les militants anti-privatisation d'Aéroports de Paris tentent de mobiliser pour un référendum

Alors que la mobilisation ralentit fortement, les soutiens au référendum sur la privatisation d'Aéroports de Paris tentent de rassembler pour atteindre les 4,7 millions de signatures.

4,7 millions de signatures sont nécessaires pour lancer un référendum d\'initiative partagée sur la question de la privatisation d\'Aéroports de Paris.
4,7 millions de signatures sont nécessaires pour lancer un référendum d'initiative partagée sur la question de la privatisation d'Aéroports de Paris. (JULIEN MATTIA / LE PICTORIUM / MAXPPP)

François et ses six camarades font partie des 615 000 soutiens au référendum sur la privatisation d'Aéroports de Paris. "On a besoin de 4,7 millions de signatures d'électeurs, il faut les gagner une à une", martèle ce militant communiste opposé à la privatisation, en "campagne", sous la pluie, à la sortie du métro place de la mairie à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis.

La barre des 600 000 soutiens au référendum a été franchie à la fin du mois de juillet, d'après le Conseil constitutionnel. Ce chiffre ne représente encore que 13% du nombre exigé pour étudier la question d'un référendum d'initiative partagée et la mobilisation ralentit fortement. "On a jusqu'au mois de mars" pour y arriver, raconte François, qui reste positif malgré la méconnaissance des riverains qu'ils croisent. Véronique, par exemple, n'était "pas au courant", elle n'a donc "pas d'avis".

Ils misent sur le bouche-à-oreille

François garde espoir, parce que "ces personnes ont des amis et de la famille" à qui ils pourront en parler. "Je pense que si on fait cela, on peut réussir", répète-t-il alors qu'il continue inlassablement d'essayer de convaincre les habitants qu'il croise. Mardi, il a d'ailleurs réussi à convaincre Adeeba, qui emporte avec elle six tracts qu'elle distribuera à ses proches : "Je vais aller me renseigner sur internet et je signerai peut-être" pour soutenir le référendum, "parce que je suis un peu contre la privatisation."

Ce nouveau probable soutien met du baume au cœur aux militants, qui espèrent au moins un débat de fond sur le sujet. "C'est un patrimoine national qui est important et on le brade, explique Nelly, c'est le public qui a investi et on le donne au privé pour faire du fric." À la rentrée, des élus de gauche et les quelques personnalités de droite opposées à la privatisation d'Aéroports de Paris prévoient de se mobiliser de nouveau. Un deuxième meeting transpartisan devrait avoir lieu fin septembre dans le Val d'Oise.

Le reportage de Manon Claverie
--'--
--'--