VIDEO. "Loi anti-casseurs" : Amnesty International dénonce une atteinte à la liberté de manifester

Le controversé projet de "loi anti-casseurs" est examiné jusqu'à mercredi à l'Assemblée nationale. Pour Amnesty International, le texte ne va pas résoudre les violences pendant les manifestations mais porter atteinte à la liberté de manifester.

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C'est un texte polémique qui fait son entrée dans l'hémicycle. Le projet de loi contre les violences lors des manifestations, porté par Edouard Philippe, est examiné mardi 29 et mercredi 30 janvier à l'Assemblée nationale, avant un vote solennel le 5 février. Cette loi dite "anti-casseurs" fait débat chez les politiques aussi, attisant les critiques de la gauche et de certains élus de La République en marche. Contacté par franceinfo, Nicolas Krameyer, responsable du programme "libertés" chez Amnesty International, dénonce lui deux travers principaux à la loi.

"La première chose, c'est le grand retour des interdictions administratives de manifester" souligne-t-il. Le nouveau texte, s'il est adopté, permettra aux préfets d'interdire à certains individus de manifester, notamment "sur la base de ses relations régulières" précise Amnesty International. Pour l'association, cela revient à "donner tout pouvoir aux autorités politiques ou policières pour déterminer si une personne a le droit de manifester ou pas, sur la base de suspicions extrêmement faibles".

"Elle va dissuader un grand nombre" de manifester

L'autre "point noir" du texte concerne la dissimulation partielle ou totale du visage. Elle pourrait être sanctionnée d'un an d'emprisonnement ainsi que de 15 000 euros d'amende. Nicolas Krameyer s'alarme : "Beaucoup de personnes se dissimulent partiellement le visage parce qu'elles souhaitent se protéger". Selon lui, cette mesure risquerait de pénaliser des manifestants pacifiques, qui portent parfois des casques, des foulards ou des lunettes dans un but de protection.

Pour nous, cette loi ne va rien améliorer, elle va par contre réussir à dissuader un grand nombre de manifestants pacifiques d'user de leur droit de manifester.

Nicolas Krameyer, d'Amnesty International

à franceinfo

Plus largement, le responsable du programme "Libertés" doute de l'efficacité du texte. "Il faut tout de même rappeler que le Code pénal en France dispose de l'ensemble des instruments judiciaires et policiers pour permettre de poursuivre et d'empêcher un certain nombre d'individus violents." 

Une affiche lors de la manifestation des \"Foulards rouges\" à Paris, le 27 janvier 2019.
Une affiche lors de la manifestation des "Foulards rouges" à Paris, le 27 janvier 2019. (BENJAMIN FILARSKI / HANS LUCAS)