Le maire d'Evreux entendu par la police après avoir invité des "gilets jaunes" à bloquer la préfecture

Filmé par un manifestant, le maire Les Républicains d'Evreux (Eure) a répondu à un manifestant qui lui demandait des "idées" d'actions pour se faire entendre. "Je regrette les malentendus qu'ont pu susciter mes propos", a expliqué le maire après son audition.

Guy Lefrand à l\'Assemblée nationale, le 2 novembre 2010.
Guy Lefrand à l'Assemblée nationale, le 2 novembre 2010. (MAXPPP)

Il conseillait aux "gilets jaunes" de "bloquer la préfecture" de son département. Le maire LR d'Évreux (Eure), Guy Lefrand, a été entendu en audition libre par la police, vendredi 30 novembre, après ses propos apparemment suivis d'effets. Le parquet d'Evreux a ouvert une enquête. "Je regrette les malentendus qu'ont pu susciter mes propos", a affirmé le maire après son audition. "Aux policiers, j'ai dit comme je l'ai déjà signifié, mon hostilité à toutes formes de violences, à Évreux comme partout ailleurs en France", a-t-il assuré.

A un "gilet jaune" qui lui demandait des "idées" d'actions pour se faire entendre, lundi, le maire d'Evreux (Eure), Guy Lefrand, a répondu que "le meilleur moyen, c'est de bloquer la préfecture". Ces paroles avaient été "condamnées sans réserve" par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, dont Guy Lefrand était le suppléant en 2007 dans la première circonscription de l'Eure. Le maire d'Evreux avait été filmé et la vidéo diffusée sur Facebook. Depuis, elle a été retirée.

Il estime que la presse a déformé ses propos

"Quand ce type de propos problématiques est suivi le lendemain par une manifestation devant la préfecture, on fait le lien", a indiqué Dominique Puechmaille, procureure de la République d'Evreux. Elle a "ouvert une enquête de flagrance pour des faits de complicité par instigation d'organisation d'une manifestation non autorisée".

"M. Lefrand ne reconnaît pas les faits. Il dit que la presse a déformé ses propos", a précisé Dominique Puechmaille, qui attendait la transmission des PV de l'audition pour décider des suites à donner à cette affaire. La sanction éventuelle peut aller du simple rappel à la loi à six mois de prison et 7 500 euros d'amende, a précisé la magistrate.