"Gilets jaunes" : une femme blessée samedi dernier à Reims porte plainte

La sexagénaire dit avoir été bousculée volontairement par un policier. Elle souhaite porter l'affaire en justice pour une "question d'honneur". 

La manifestation des \"gilets jaunes\" samedi 18 mai à Reims. 
La manifestation des "gilets jaunes" samedi 18 mai à Reims.  (REMI WAFFLART / MAXPPP)

La femme de 60 ans blessée à la tête lors du rassemblement des "gilets jaunes" à Reims (Marne), samedi 18 mai, a décidé de porter plainte, révèle France Bleu Champagne Ardenne jeudi 23 mai. Elle dit avoir été bousculée volontairement par un policier.

Une "question d'honneur" 

La vidéo a fait le tour des médias. On y voit Dominique, une infirmière marnaise âgée de 60 ans tomber violemment au sol, au passage de plusieurs policiers, dans la rue Condorcet, en marge du rassemblement. Cette fidèle du mouvement, qui se décrit comme "pacifiste", était à l'écart du cortège quand elle a été bousculée, volontairement selon elle, par un policier et projetée à terre aux alentours de 16 heures. Elle en fait désormais une "question d'honneur".

"Moi j'étais statique, mes camarades aussi, et on avait parlé dans le mégaphone... Ils [les policiers] se sont mis en marche, j'étais sidérée, j'ai vu qu'ils prenaient un pas martial, et l'un d'eux me regardait. Il m'est rentré dedans et il a fait une manœuvre avec son bouclier. Il m'a projetée au sol", raconte Dominique. Cette épouse d'un ancien policier désormais à la retraite dit se repasser la scène "en boucle dans la tête".

Je suis tombée comme une quille ! J'ai l'impression d'avoir été piétinée ! On m'a chassé comme une mouche, comme quelque chose de nuisibleDominique

Dominique a ensuite prise en charge par les pompiers, et a été soignée au CHU de Reims. Si sa blessure n'est pas "spectaculaire", la manifestante veut défendre sa version des faits, et demande des comptes.

"Je suis connue pour mon pacifisme, j'ai toujours pris soin des gens, et là j'ai vraiment l'impression d'avoir été piétinée. Même si on ne m'a pas marché dessus, on m'a chassée comme une mouche, comme quelque chose de nuisible alors que des malfaiteurs, il y en avait dans la rue et qu'on n'était pas dans le gros de la manifestation et parmi les black blocs", affirme Dominique.

Après son dépôt de plainte, mercredi, la Marnaise a contacté un avocat. Elle a aussi saisi l'inspection générale de la police nationale (IGPN).