"Gilets jaunes" : Macron souhaite "un prompt rétablissement" et "une forme de sagesse" à la blessée de Nice (et essuie une pluie de critiques)

Dans les colonnes de "Nice-Matin", le président de la République est revenu sur le cas de cette militante d'Attac, grièvement blessée lors d'une charge policière.

Le président de la République, Emmanuel Macron, le 22 mars 2019 à Bruxelles (Belgique).
Le président de la République, Emmanuel Macron, le 22 mars 2019 à Bruxelles (Belgique). (RICCARDO PAREGGIANI / NURPHOTO / AFP)

Dans un entretien avec Nice-Matin publié lundi 25 mars, Emmanuel Macron a souhaité "un prompt rétablissement, et peut-être une forme de sagesse" à la militante d'Attac grièvement blessée lors d'une manifestation des "gilets jaunes" interdite à Nice (Alpes-Maritimes). Geneviève Legay, 73 ans, est tombée après une charge des forces de l'ordre, qualifiée de "monstrueuse" par son avocat.

Je souhaite d'abord qu'elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l'hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille. Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable.Emmanuel Macronà "Nice-Matin"

"Quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", déclare encore le chef de l'Etat, tout en soulignant que "cette dame n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre".

Une pluie de critiques

La phrase du chef de l'Etat a rapidement été très critiquée. "Monsieur Macron, notre Geneviève de Nice n'a pas besoin de vos leçons de sagesse. (...) Elle milite pour le bien des autres. Et vous, vous la frappez au nom de quoi ?", a écrit le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur Twitter. "C'est vrai que des mots de compassion auraient été de trop...", a abondé Manon Aubry, tête de liste du parti pour les européennes.

Les critiques sont aussi venues de l'extrême droite. "Nouvelle insolence de Macron, cette fois à l'égard d'une dame 'gilet jaune' blessée de 73 ans, à laquelle il souhaite 'une forme de sagesse' : son mépris est sans limite !", a écrit Gilles Lebreton, député européen du Rassemblement national. D'autres ont aussi fait le rapprochement entre la phrase d'Emmanuel Macron et celle de Robert Pandraud après la mort de Malik Oussekine, en 1986.

Avant même la plainte que sa famille compte déposer lundi contre les policiers et le préfet, une enquête a été ouverte sur ces faits. Les images de vidéosurveillance de la place Garibaldi ont été saisies et "sont de très bonne qualité", a indiqué dimanche le procureur.