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"Gilets jaunes" : les ronds-points occupés vont-ils être évacués ?

Après le cinquième samedi de mobilisation nationale, les appels pour faire lever les barrages filtrants se succèdent dans les rangs de l'exécutif et de la majorité.

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France Télévisions
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Des "gilets jaunes" occupent un rond-point à Saint-Beauzire (Puy-de-Dôme), le 15 décembre 2018.  (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

"Ça suffit !" Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a appelé à la fin des blocages des "gilets jaunes", lors d'une visite des locaux de la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité, lundi 17 décembre, à Nanterre (Hauts-de-Seine). "Ça suffit pour la sécurité des 'gilets jaunes', de nos concitoyens, pour la sécurité de nos forces de l'ordre", a lancé le "premier flic de France". "On ne peut pas continuer à paralyser l'économie française, paralyser le commerce dans nos villages, dans nos villes en 'embolisant' un rond-point", a-t-il insisté. 

Huit morts. Connaissez-vous un autre contentieux social sur ces trente dernières années qui a tué autant de personnes ? Je le dis clairement : ça suffit !

Christophe Castaner

lors d'un déplacement à Nanterre

Depuis l'"acte 5" de la mobilisation des "gilets jaunes", samedi 15 décembre, les appels à l'arrêt des blocages et à l'évacuation des ronds-points occupés par les manifestants se multiplient au sein du gouvernement et de la majorité. Comment l'exécutif entend-il mettre un terme à la contestation ? Explications. 

Des ronds-points évacués "petit à petit"

Au terme du cinquième samedi de mobilisation nationale, le ministre de l'Intérieur a appelé les manifestants à "libérer" les ronds-points bloqués, dont plusieurs le sont depuis les débuts du mouvement, le 17 novembre. "Les ronds-points doivent être libérés et la sécurité de tous redevenir la règle", a déclaré Christophe Castaner sur Twitter. "Le dialogue doit maintenant rassembler l'ensemble de ceux qui veulent transformer la France", a-t-il ajouté.

Le ministre a réaffirmé ces propos lundi, lors de son déplacement à Nanterre. "Nous avons commencé dès la semaine dernière, des ronds-points ont été évacués, nous allons poursuivre cela", a fait savoir Christophe Castaner. Le locataire de la Place Beauvau a précisé que ces évacuations se ferait "petit à petit", tout en appelant au "dialogue" avec les "gilets jaunes". 

"Il faut le faire de façon pacifique"

Christophe Castaner n'est pas le seul membre du gouvernement à avoir plaidé pour une évacuation des ronds-points. Dimanche dans "Le Grand Rendez-vous" sur Europe 1, Les Echos et CNews, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education, a estimé que "ce [n'était] pas l'occupation des ronds-points qui [allait] apporter une solution".

Essayons de réinventer dans les temps futurs autre chose que les ronds-points pour se retrouver entre Français sur toutes les parties du territoire, pour se parler calmement.

Jean-Michel Blanquer

sur Europe 1 

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a de son côté évoqué l'envoi de "CRS ou de gendarmes" afin de "libérer l'espace public".

Un discours auquel adhère le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui s'exprimait sur Europe 1"Ça me paraît logique" d'évacuer les ronds-points toujours occupés par les "gilets jaunes", a jugé le responsable syndical. "Tout ça a généré beaucoup trop de violence et beaucoup trop de morts, a-t-il justifié. Mais il faut le faire de façon pacifique (...) de façon calme et j'espère que ce sera le cas." 

Les préfectures décident au niveau local

Contacté par franceinfo, le ministère de l'Intérieur confirme que "concernant les ronds-points, on peut s’attendre à la poursuite des interventions comme cela a été le cas, déjà, la semaine dernière". "Beaucoup de points de blocage ont déjà été délogés par les forces de l’ordre et nous allons poursuivre ce mouvement-là en fonction de la mobilisation", explique le ministère.

Si il y a un appel général du ministre de l’Intérieur à libérer les ronds-points, c’est aux préfets, qui sont au plus près du terrain, d’évaluer chaque situation.

Le ministère de l'Intérieur

à franceinfo

"Nous allons continuer dans ce sens en évaluant ces situations au cas par cas. Il n’y a pas de calendrier établi", et ainsi pas d'objectif, à ce stade, d'accélération des évacuations, assure encore la Place Beauvau. 

"Tout se règle en local", abonde la gendarmerie nationale, jointe par franceinfo. "Ce sont les préfectures qui décident. Si le rond-point présente une dangerosité particulière, ou ralentit l'activité économique, les préfets demandent localement à la gendarmerie ou la police de l'évacuer. Il y a eu des demandes [du gouvernement] en ce sens."

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