"Gilets jaunes" : les forces de l'ordre ont effectué plus de 9 000 tirs de LBD depuis le début du mouvement

Il y a eu 37 924 manifestations sur le territoire national depuis le 17 novembre, selon le ministère de l'Intérieur.

Un policier avec un lanceur de balles de défense, à Paris, le 26 janvier 2019.
Un policier avec un lanceur de balles de défense, à Paris, le 26 janvier 2019. (KARINE PIERRE / HANS LUCAS / AFP)

Les forces de l'ordre ont largement eu recours aux lanceurs de balles de défense (LBD) ces derniers mois. Cette arme non-létale controversée a été utilisée dans 9 228 cas lors de manifestations de "gilets jaunes" depuis le début du mouvement de contestation sociale mi-novembre, a indiqué la représentante du ministère de l'Intérieur lors d'une audience au Conseil d'Etat, mercredi 30 janvier.

"Il y a eu 111 enquêtes ouvertes" par l'Inspection générale de la police (IGPN) pour "9 228 cas d'utilisation du LBD", a indiqué Pascale Léglise. Elle a rappelé les règles d'utilisation de cette arme que l'association La Ligue des droits de l'homme, la CGT et le Défenseur des droits voudraient voir interdite dans le maintien de l'ordre. "Le LBD est une arme utilisée dans les attroupements, pas dans les manifestations pacifiques. Il faut que le policier soit en état de légitime défense ou incapable d'assurer la défense du terrain qu'il est censé défendre", a expliqué la représentante du ministère.

"Il faut rapporter le nombre de victimes au nombre de manifestations : on a eu 37 924 manifestations sur le territoire national depuis le 17 novembre", a-t-elle ajouté. Samedi, lors du 11e samedi de mobilisation des "gilets jaunes", la polémique a enflé après la grave blessure à l'oeil, à Paris, d'une figure du mouvement, Jérôme Rodrigues.