"Gilets jaunes" : Christophe Castaner n'exclut pas d'instaurer l'état d'urgence pour éviter une nouvelle flambée de violence

Plusieurs syndicats de police, dont Alliance, ont suggéré voire réclamé sa mise en place.

Des policiers interviennent sur les lieux d\'un rassemblement des \"gilets jaunes\" à Paris, le 1er décembre 2018.
Des policiers interviennent sur les lieux d'un rassemblement des "gilets jaunes" à Paris, le 1er décembre 2018. (LUCAS BARIOULET / AFP)

La France va-t-elle à nouveau instaurer l'état d'urgence ? "Je n'ai pas de tabou", a répondu le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, samedi 1er décembre, alors qu'il était interrogé sur le sujet par BFMTV, au terme d'une journée de violences sur des lieux de rassemblement des "gilets jaunes", notamment à Paris.

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"Nous étudierons toutes les procédures qui nous permettront de sécuriser plus encore, a assuré Christophe Castaner. Tout ce qui permettra de sécuriser plus, moi je n'ai pas de tabou. Je suis prêt à tout regarder."

"Toutes les options doivent être étudiées", a acquiescé Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, interrogé à ce sujet sur Europe 1, dimanche matin. "Il n'est pas question que, chaque week-end, ça devienne un rituel de la violence", a-t-il lancé.

Alliance demande l'aide de l'armée

L'instauration de l'état d'urgence a été notamment demandée samedi soir par le syndicat de police Alliance et suggérée par le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) et Synergie-Officiers.

Alliance réclame, dans un communiqué, le "renfort de l'armée pour garder les lieux institutionnels et dégager ainsi les forces mobiles d'intervention". "On est dans un climat insurrectionnel", a justifié auprès de l'AFP Frédéric Lagache, le numéro 2 du syndicat, premier parmi les gardiens de la paix.

Samedi soir, Christophe Castaner a assuré que "tous les moyens de la police, de la gendarmerie, de la sécurité civile étaient mobilisés aujourd'hui", en régions comme à Paris, où 4 600 policiers et gendarmes ont été déployés. Le ministre de l'Intérieur a affirmé qu"'à peu près 3 000 personnes [avaient] tourné dans Paris" et commis des dégradations.

L'état d'urgence avait notamment été mis en place après les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues, puis après les attentats de Paris et Saint-Denis en 2015. Il a pris fin le 1er novembre 2017, mais une partie de ses dispositions ont été transposées dans le droit commun par une loi antiterroriste.