"Gilets jaunes" : l'Etat condamné à verser plus de 580 000 euros à deux sociétés d'autoroutes dont les péages avaient été bloqués par des manifestants

L'Etat est civilement responsable de ces dégâts commis en 2018 et 2019 lors des manifestations organisées lors du mouvement de protestation, estime la justice.

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France Télévisions
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Le péage de l'A13 à Dozulé (Calvados) durant le mouvement des "gilets jaunes", le 17 novembre 2018. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

L'Etat a été condamné à verser plus de 584 000 euros à deux sociétés d'autoroutes pour des préjudices financiers subis lors des manifestations des "gilets jaunes" organisées entre novembre 2018 et juin 2019. Cette décision du tribunal administratif de Rouen, datée du 23 juin, concerne la Société des autoroutes de Paris-Normandie (SAPN) et la Sanef (Société des autoroutes du nord et de l'est de la France).

Dans le détail, l'Etat devra verser 27 687 euros à la Sanef, après cinq manifestations organisées sur des gares de péage, et 557 300 euros à la SAPN après 32 manifestations ayant entraîné notamment "des opérations permettant aux usagers d'emprunter l'autoroute sans s'acquitter du péage".

Les préfectures avaient refusé d'indemniser les sociétés d'autoroutes

Cette décision fait suite à un rejet des préfets de l'Eure et de Seine-Maritime d'indemniser les deux entreprises. "Ces faits, survenus dans un contexte de revendication d'ampleur nationale, n'ont (...) pas été commis par des groupes qui se seraient constitués et organisés dans le seul but de commettre des délits, sans lien avec le mouvement revendicatif d'ampleur nationale des 'gilets jaunes', contrairement à ce que fait valoir le préfet de la Seine-Maritime" et de l'Eure en défense, relève le jugement.

Pour motiver sa décision, le tribunal s'appuie notamment sur un article du code de la sécurité intérieure, selon lequel "l'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis (...) par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens". La justice a également reconnu l'existence de dégradations.

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