"Gilets jaunes" : à quoi s'attendre ce week-end pour le premier anniversaire du mouvement ?

Un an après le début du mouvement, des manifestants ont prévu, samedi 16 novembre et dimanche 17 novembre, de se mobiliser à nouveau. Au moins 140 appels à se rassembler ont été recensés un peu partout dans le pays.

Des \"gilets jaunes\", le 6 avril 2019 à Paris.
Des "gilets jaunes", le 6 avril 2019 à Paris. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Un an après, le retour des "gilets jaunes". Plusieurs actions sont annoncées pour le week-end, samedi 16 et dimanche 17 novembre, à l'occasion du premier anniversaire du mouvement. Certains manifestants se sont déjà mobilisés vendredi 15 novembre en bloquant quelques heures une usine Seveso près de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Il y a longtemps qu'un week-end de "gilets jaunes" n'avait pas connu autant d'appels à la mobilisation : des centaines d'actions, du simple tractage à la manifestation en passant par l'occupation d'un rond-point, ont été programmées. Les derniers "actes" des "gilets jaunes" n'ont jamais rassemblé au-delà de quelques milliers de personnes, loin des 282 000 manifestants comptabilisés par les autorités le 17 novembre 2018. 

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Selon un sondage Elabe diffusé mercredi, 55% des Français soutiennent ou ont de la sympathie pour la mobilisation, mais 63% ne souhaitent pas qu'elle reprenne. Franceinfo fait le point sur ce qui est annoncé.

Des rassemblements un peu partout en France

Toulouse, les "gilets jaunes" annoncent une journée en deux temps : sur les ronds-points de l'agglomération le matin, dans le centre-ville l'après-midi (à partir de 14 heures). A Bordeaux, c'est un concert, prévu à 18 heures, qui doit commémorer l'anniversaire du mouvement. Un blocage du péage de Virsac est également annoncé. A Lille (Nord), les manifestants sont appelés à participer à un rassemblement place de la République puis une soirée "face à l'urgence climatique", prévue à partir de 17 heures à la Bourse du Travail. Des appels à réinvestir les ronds-points, avec ou sans blocages, ont également été lancés à Besançon (Doubs), Calais (Pas-de-Calais), Colmar (Haut-Rhin), Dole (Jura), Dunkerque (Nord) ou Montpellier (Hérault). Au total, un document mis en ligne par les manifestants liste 140 appels à se rassembler, un peu partout dans le pays.

Une manifestation sur les Champs-Elysées

Epicentre de la contestation, les Champs-Elysées seront à nouveau l'objectif des manifestants samedi. Sur Facebook, le militant parisien Thierry-Paul Valette et le Rassemblement des "gilets jaunes" citoyens appellent à se retrouver sur la célèbre avenue pour marquer l'"acte 53" du mouvement, selon la terminologie utilisée par les manifestants. "Non les 'gilets jaunes' n'ont pas disparu et nous appelons à une grande mobilisation nationale", écrit Thierry-Paul Valette, qui assure avoir déposé une déclaration de manifestation.

Plus de 5 000 personnes ont indiqué qu'elles participeraient sur le réseau social, 6 000 se disant également intéressées. Mais difficile de présager de la mobilisation avec ces chiffres. Surtout, les manifestants ne pourront pas se rassembler sur les Champs-Elysées. Comme l'avait annoncé sur France 2 le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, le préfet de police a pris un arrêté pour interdire de manifester sur la célèbre avenue et à proximité des lieux sensibles, l'avenue de la Grande-Armée, l'Assemblée nationale, l'Hôtel Matignon, le Trocadéro et les abords de la Tour Eiffel, le Sénat, la gare Saint-Lazare et les grands magasins, la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Bois de Vincennes et le Bois de Boulogne. Ces lieux feront l'objet d'une protection policière renforcée. 

D'autres rassemblements sont prévus dans la capitale. Figure médiatique, Priscillia Ludosky, accompagnée du militant associatif Faouzi Lellouche et de l'avocat David Libeskind, sera à la tête d'une manifestation déclarée qui partira à 14 heures de la place d'Italie pour rejoindre la place Franz-Liszt, près de la gare du Nord (10e). Un autre cortège s'élancera de la place Saint-Pierre, dans le 18e arrondissement de la capitale.

Un rassemblement sur le périphérique annoncé

La page Facebook intitulée "La France énervée", gérée par le leader "gilet jaune" Eric Drouet, organise de son côté une "Fête des 'gilets jaunes' sur le périphérique" à partir de 10 heures. Dans un exposé succinct, ses organisateurs appellent à circuler sur la rocade parisienne avec un gilet jaune sur la plage arrière de leur voiture. Mais seulement 898 personnes prévoient de participer à ce rendez-vous.

Le chauffeur routier, qui refuse de se présenter comme un organisateur, a également évoqué l'idée d'un rassemblement à pied "hors de la zone interdite", dans un lieu encore non déterminé, puis de rejoindre l'avenue des Champs-Elysées "sans signes distinctifs, ni gilets jaunes". Mais il pourrait lui-même manquer l'événement : sur sa page, ce chauffeur routier de métier assure être bloqué par la neige au sud de Lyon (Rhône).

Un "temple de la consommation" occupé ?

Un autre événement Facebook, organisé par la page "Opérations spéciales GJ", propose d'occuper dimanche "un temple de la consommation". "Pour fêter l'anniversaire des 'gilets jaunes', nous allons occuper un lieu iconique du capitalisme roi où la règle est de produire et consommer plus sans se soucier des impacts sur l’environnement, de pratiquer l’optimisation fiscale à outrance, et faire reculer les acquis sociaux des salariés afin de gagner plus", peut-on lire sur la page de l'événement. Une action qui rappelle celle du mouvement écologiste Extinction Rebellion, qui avait occupé un centre commercial le 5 octobre à Paris. Plusieurs enseignes sont visées dans les différentes publications de cette page : le magasin Ikea du boulevard de la Madeleine, l'Apple Store et le magasin H&M de la place de l'Opéra et un hypermarché Carrefour dans le 16e arrondissement.