Entre "gilets jaunes" et canicule, les commerçants tirent un bilan morose des soldes

À cause des fortes chaleurs, les commerçants racontent avoir perdu des clients cet été, alors que certains expliquent avoir déjà souffert pendant le mouvement des "gilets jaunes".

Presque la moitié des commerçants juge que ces chaleurs ont eu un effet négatif sur leur activité pendant les soldes d\'été 2019, d\'après la CCI de Paris-Ile-de-France.
Presque la moitié des commerçants juge que ces chaleurs ont eu un effet négatif sur leur activité pendant les soldes d'été 2019, d'après la CCI de Paris-Ile-de-France. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Dans la bien nommée rue du Commerce, dans le 15e arrondissement de Paris, les mouvements sociaux et la canicule ont fait fuir les clients pendant les soldes d'été qui se terminent le mardi 6 août. Comme dans de nombreuses villes, et particulièrement dans les grandes, le bilan est plutôt médiocre.

"C'est la première fois depuis 20 ans que j'ouvre le lundi au mois d'août", confie Cyril Tromelin dans sa boutique de prêt-à-porter pour hommes, "Comme les soldes se terminent et que j'ai du retard, je me dis 'pourquoi pas ?'"

La période des soldes n'a pas été bonne, il y a plusieurs explications, notamment la canicule. Quand il fait très chaud, les clients préfèrent aller dans les centres commerciaux qui sont climatisés.Cyril Tromelin, commerçant

Après six semaines de rabais de 30 à 50%, Cyril Tromelin a fait ses comptes et dit enregistrer "une perte de 20% par rapport à l'an dernier." 

Chaleurs et sueurs froides pour les commerçants

Dans la capitale, 47% des commerçants estiment que les fortes chaleurs de ces dernières semaines ont eu "un effet négatif sur leur activité", à cause d'une "baisse de la fréquentation", selon la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris-Ile-de-France. Un peu plus loin dans cette rue aux allures de carte postale du vieux Paris, avec son église, son parc et ses immeubles blancs, Lucie, vendeuse de chaussures, confirme que ces semaines de juillet n'ont pas été faciles.

Il est compliqué d'essayer des chaussures lorsqu'on a les pieds gonflés, sachant qu'il faisait 42°C.Lucie, vendeuse de chaussures

Au bout de la rue, Jacqueline Suissa qui tient la boutique de lingerie, un endroit où les clientes sont "à la fraîche" parce qu'elles se déshabillent, a elle aussi pâti de la canicule. Cette période de rabais n'a pas été "folichonne, mais c'est pour tout le monde pareil". Comme 54% des commerçants interrogés par  la CCI, Jacqueline Suissa estime que "c'était mieux l'année dernière".

L'activité des samedis, toujours fragile

La canicule n'est pas la seule cause de morosité. Trois quarts des commerçants affirment que le mouvement des "gilets jaunes" a pesé sur leurs résultats. "Je pense que c'est une histoire de moyens. Il y a tant de charges qui augmentent que les clientes restreignent leurs dépenses sur d'autres produits", estime Jacqueline Suissa.

Les commerçants regrettent aussi la multiplication des opérations de promotion dans l'année. Ils espèrent que le passage de la durée des soldes de six à quatre semaines à partir de l'hiver prochain redonnera un coup de jeune à dispositif auquel ils restent très attachés.