Drôme : un salarié d'Amazon licencié après une publication Facebook pro "gilets jaunes"

Il avait écrit sur Facebook son soutien aux "gilets jaunes" et à leurs actions dans la région de Montélimar, se félicitant notamment du blocage de son employeur, le site d'Amazon. L'homme a été licencié cette semaine.

Les gilets jaunes bloquent l\'entrée d\'Amazon à Toulouse, le 15 décembre 2018
Les gilets jaunes bloquent l'entrée d'Amazon à Toulouse, le 15 décembre 2018 (SUZANNE SHOJAEI / FRANCE-BLEU OCCITANIE)

Un salarié d'Amazon à Montélimar (Drôme) a reçu une lettre de licenciement lundi 28 janvier, rapporte France Bleu Drôme Ardèche. Fin novembre sur Facebook, il avait félicité les "gilets jaunes" lors du blocage de son site de travail et il avait appelé au blocage. En tout, cinq employés avaient reçu des convocations disciplinaires.

Le 22 novembre, cet employé avait écrit sur un groupe Facebook de "gilets jaunes" de la région de Montélimar : "Bravo à tous pour le blocage d'Amazon. Qu'est-ce que j'étais content d'être bloqué en sortant du boulot ! Vendredi ça va être 'Black Out Friday'. Je me joins à vous quand je ne travaille pas. Bloquez tout".

"Manquement à l'obligation de loyauté"

L'employé a été licencié cette semaine (France Bleu Drôme Ardèche a eu accès au courrier) pour "manquement à l'obligation de loyauté", "dénigrement de l'entreprise", et "volonté de porter préjudice à la société". Des raisons valables selon la loi : il est contraire au Code du travail d'empêcher le fonctionnement de son entreprise.

Le délégué syndical CGT, qui l'a accompagné à l'entretien disciplinaire, s'indigne : "Il n'a pas appelé à bloquer précisément Amazon mais il a affirmé son soutien au mouvement. Dans ce cas-là on le licencie pour quelle raison ? Pour avoir encouragé le commerce de proximité, ce qui est contraire aux intérêts d'Amazon ?". La CGT appelle à un mouvement de grève mardi 5 février en soutien au salarié pour réclamer sa réintégration, "mais pas à un blocage" ironise amèrement le délégué.

Amazon assure que cela n'a rien à voir avec la crise des "gilets jaunes" et que la société agit dans le cadre du droit du travail. Pourtant, parmi les autres employés convoqués, un autre avait partagé sur son profil un appel explicite d'une page "gilet jaune" à bloquer Amazon, mais lui n'a pas été licencié.