CGT et "gilets jaunes" : "Personne n'a le monopole ni de l'action, ni de la grève, ni de la colère"

Alors que la CGT appelle à une journée de grève nationale ce mardi, Céline Verzeletti, secrétaire confédérale du syndicat, appelle à "bloquer l'économie" pour "obtenir de vraies réponses et gagner".

Celine Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, le 6 mai 2009 à Paris.
Celine Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, le 6 mai 2009 à Paris. (BORIS HORVAT / AFP)

"Il faut essayer de bloquer cette économie pour enfin avoir de vraies réponses et gagner", a lancé mardi 5 février dans la matinée sur franceinfo Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, qui appelle à une journée de grève nationale. Dans le cortège de la mobilisation du mardi 5 février, du rouge et du jaune : "Nous faisons en sorte que le rapport de force soit plus important (...) Personne n'a le monopole ni de l'action, ni de la grève, ni de la colère", a-t-elle expliqué.

franceinfo : Vos revendications sont-elles les mêmes que celles des "gilets jaunes" ?

Céline Verzeletti : Ce qui est sûr, c'est que l'injustice sociale est très forte dans notre pays et ce, depuis longtemps. Bien évidemment, nous nous retrouvons dans les revendications comme les augmentations de salaires, plus de justice sociale et fiscale, plus de services publics. Lorsque les "gilets jaunes" et d'autres portent ces revendications de progrès social, nous sommes largement satisfaits car nous pensons qu'il faut un rapport de force dans notre pays pour obtenir gain de cause. C'est ce qu'on essaie de faire aussi, par la grève, notamment. Jusqu'à présent, il y avait beaucoup de manifestations mais nous pensons qu'il faut essayer de bloquer l'économie pour avoir de vraies réponses du gouvernement et du patronat, pour avoir une autre répartition des richesses. Il nous semble essentiel de passer un nouveau cap dans la mobilisation par ces journées de grèves.

Et cela arrive trois mois après le début du mouvement des "gilets jaunes" ?

Nous sommes dans une continuité. C'est très bien qu'il y ait une forte mobilisation citoyenne, qui porte aussi cette demande forte. Je pense qu'il faut qu'on s'y mette tous ensemble. Plus on sera nombreux à demander la même chose, à savoir, au moins : des augmentations de salaire, nous obtiendrons ce qu'on demande. Jusqu'à présent, Emmanuel Macron est resté sourd à ces revendications. Au niveau des augmentations de salaire, il n'y a absolument pas le compte. Nous pensons que le patronat doit aussi mettre la main à la poche. C'est bien là que se créent les richesses, dans les entreprises.

Vous rejoignez tous les "gilets jaunes" ?

Ce n'est pas la question que nous rejoignons les "gilets jaunes" ou pas. La question est que nous faisons en sorte que le rapport de force soit plus important. On voit bien aujourd'hui que le mouvement n'est pas assez fort, il faut que l'on soit plus nombreux, dans la rue et là où c'est possible de faire grève. Il faut essayer de bloquer cette économie pour enfin avoir de vraies réponses et gagner. Ce que nous souhaitons, c'est gagner de vraies avancées. Nous l'espérons depuis plusieurs mois. Personne n'a le monopole ni de l'action, ni de la grève, ni de la colère. On est tous en colère, on doit tous être dans l'action, quelle que soit la couleur de notre gilet. Il y a les "gilets rouges", les "gilets roses", les "stylos rouges"... Nous, en tant que syndicalistes, on doit continuer le combat que l'on mène déjà depuis longtemps. Et s'il peut être plus efficace en étant tous ensemble, évidemment. En revanche, il faut que l'on porte la même chose, c'est-à-dire, nous, on portera tout ce qui a à voir avec le progrès social.