Des amendes pour avoir emprunté un couloir du métro parisien en sens interdit : "C'est inadmissible et injustifiable"

La RATP assure que ces "sens interdits" permettent de "faciliter les flux et d'éviter les incidents".

Un quai de la station Charles de Gaulle-Etoile du métro parisien, le 31 octobre 2017.
Un quai de la station Charles de Gaulle-Etoile du métro parisien, le 31 octobre 2017. (MAXPPP)

Des verbalisations qui ne passent pas. Plusieurs usagers du métro parisien ont fait part sur les réseaux sociaux, mardi 27 février, de contraventions pour avoir emprunté les sens interdits dans les couloirs souterrains. Tout est parti d'un premier internaute qui a posté, sur Twitter, la photographie du procès-verbal établi le matin même à la station Concorde. D'autres internautes ont aussitôt réagi, en affirmant avoir été eux aussi verbalisés pour les mêmes raisons et au même endroit, le même jour. "C'est inadmissible et injustifiable", s'agace l'un d'eux, Samuel Bodin, sur le réseau social. 

"Eviter les incidents"

"Ma copine emprunte chaque jour le changement entre la ligne 12 et la 1 à Concorde pour aller à La Défense. C'est plus court de prendre le sens interdit et le matin, personne ne vient de La Défense donc globalement il n'y a pas de problèmes", explique Samuel, contacté par franceinfo. Mais ce matin du 27 février, un contrôleur s'approche de la jeune femme : "Il lui a demandé si elle savait qu'elle était en sens interdit, elle a répondu 'oui', ce à quoi il a répondu '60 euros'."

Des amendes exagérées ? Ce n'est en tout cas pas l'avis de la RATP, contactée par franceinfo. "Dans les stations et gares, certains couloirs ne sont utilisables que dans un seul sens afin de faciliter les flux et surtout d'éviter des incidents", explique la régie de transports. En effet, certains couloirs affichent des panneaux "sens interdit". L'article 12b du règlement indique qu'il est interdit "de circuler en empruntant dans le sens interdit les escaliers, couloirs, portes ou passages affectés à la circulation du public".

Le dépôt d'une réclamation

La RATP précise que la plupart de ces infractions sont survenues "aux heures de pointe, moment où le flux de voyageurs est le plus important, et où il est donc essentiel qu'il ne soit pas entravé". Samuel assure qu'à 7h38, au moment de la contravention, il n'y avait personne. "Le règlement intérieur est trop léger et aucune pédagogie n'est faite du côté des contrôleurs", dénonce-t-il.

La RATP affirme, elle, que les verbalisations pour ce motif restent "peu nombreuses". "Les agents qui le pratiquent le font, en règle générale, pour la sécurité des voyageurs", ajoute-t-elle. Samuel et sa copine ne comptent pas en rester là. Ils ont déposé une réclamation. "C'est tellement énervant qu'on va tout tenter, surtout quand on paie notre abonnement depuis dix ans et qu'on subit tout ce qu'on subit tous les jours avec la RATP", conclut-il.