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Tourisme en France : les Français font "de moins en moins d'arbitrage sur ces moments de détente", explique un cabinet d'analyse sur l'activité touristique

"Il y a une dizaine d'années, quand on achetait une maison on mangeait des pâtes et on ne partait plus en vacances, aujourd'hui c'est moins vrai", assure samedi sur franceinfo Vanguélis Panayotis, président de MKG Consulting.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Des skieurs à la station de Markstein,dans les Vosges, le 11 février 2023.  (VINCENT VOEGTLIN / MAXPPP)

Après la période de Covid, "on se rend compte que les Français font de moins en moins d'arbitrage sur ces moments de détente", explique samedi 18 février sur franceinfo Vanguélis Panayotis, président de MKG Consulting (cabinet d'analyse sur l'activité touristique) alors que les vacances d'hiver démarrent pour la zone C. On constate actuellement une hausse de 11% de fréquentation dans les stations de montagne par rapport à l'avant Covid en 2019. 

franceinfo : Comment explique-t-on cette embellie ? Est-ce que les budgets vacances sont sacralisés ?

Vanguélis Panayotis : [Pendant la période de Covid], il y avait une vraie frustration de la part des Français de ne pas retrouver ces moments de partage et de sport en famille, de vacances au ski pour la saison, dans un contexte qui est malheureusement parfois anxiogène. C'est une vraie découverte après cette période de Covid, on se rend compte qu'on fait de moins en moins d'arbitrage sur ces moments de détente. Il y a une dizaine d'années, quand on achetait une maison on mangeait des pâtes et on ne partait plus en vacances, aujourd'hui c'est moins vrai, on va peut-être manger des pâtes mais on ne va pas faire d'arbitrage. On parle beaucoup du pouvoir d'achat et des inquiétudes liées à l'inflation. Mais ce n'est pas quelque chose qu'on observe à date, peut-être que si ça continue on aura des éléments là-dessus mais là on ne voit pas les Français faire clairement des arbitrages.

Pendant les fêtes de fin d'année, les hôtels ont connu une hausse de la fréquentation, avec plus de 600 000 nuitées supplémentaires par rapport à 2019, comment l'explique-t-on ? C'est le retour des touristes étrangers ?

Oui clairement. On a eu un retour des Américains dans les destinations haut de gamme à commencer par Paris. Il y a un effet de parité euro-dollar qui a été très favorable à cette clientèle américaine. Il y a le "revenge travel" également : cette frustration qu'on a vécu depuis deux ans et elle n'est pas que française, tout le monde avait envie de revoyager. À part la clientèle asiatique ou des cas particuliers comme la clientèle russe, tout le reste du monde a retrouvé cette envie de voyager et comme la France est un pays attractif qui cristallise beaucoup de fantasmes sur la gastronomie, la Tour Eiffel, les musées... on a bénéficié à plein régime de ce rebond.

Concernant le tourisme d'affaires, le fait d'être obligé de voyager pour son travail, la reprise est plus lente dans ce secteur ?

Pour l'instant, avec les chiffres que l'on a, on voit que les événements professionnels avec les salons se portent plutôt bien. C'est assez surprenant, il y a quelques contrastes mais globalement c'est plutôt positif. On est quasiment au niveau de 2019.

Quelles sont vos prévisions pour cette année en France concernant le tourisme ?

On a un été qui s'annonce très bon avec des réservations hautes pour certaines destinations. Certains lieux sont remplis à 40% pour le mois de juin. Il ne faut pas trop tarder pour réserver si on veut encore trouver des prix intéressants. On a une bonne dynamique au moins jusqu'à septembre et on pense que l'année va se terminer positivement pour le secteur. Aujourd'hui, les gens recherchent de l'expérience donc les villages de vacances, l'hôtellerie de plein air, le tourisme d'itinérance en louant des vans... Tout ce qui amène un surplus d'expérience c'est vraiment ce que les gens recherchent.

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