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"Ni morts, ni out, ni has been !" : les syndicats récupèrent des dizaines de milliers de nouveaux adhérents grâce au mouvement contre la réforme des retraites

Même si la loi a finalement été promulguée, le combat contre la réforme des retraites a permis aux syndicats d’être plus visibles. Une dynamique renforcée par les nouveaux visages à la tête de la CGT et de la CFDT.
Article rédigé par Louise Buyens, franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Mobilisation contre la réforme des retraites le 18 avril 2023 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). (AFP)

Lundi 1er mai, en cette fête du travail, l'intersyndicale appelle à une grande journée de mobilisation et de manifestation partout en France pour redire son opposition à la réforme des retraites, même si la loi a été promulguée. Un combat qui a réuni des milliers de manifestants chaque semaine dans les rues et qui a, en partie, permis aux syndicats de faire le plein d'adhérents. On compte ainsi plus de 30 000 nouveaux adhérents depuis janvier à la CFDT. Idem à la CGT, qui a gagné autant de membres ces trois derniers mois qu'en une année entière. 

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Parmi ces nouveaux adhérents, Yanis, 25 ans. La réforme des retraites a fini de le convaincre de franchir le cap la semaine dernière.  "Disons que c'était le dernier pourcent qu'il me manquait !, explique-t-il. Pour mon jeune âge, j'ai déjà un bon passé militant : à la fac j'étais syndicaliste étudiant, j'étais élu. Je savais qu'à un moment donné, j'allais adhérer quelque part. Maintenant c'est fait !"

"Boomers blancs avec la merguez-saucisse"

Pour Yanis, vendeur dans un magasin Decathlon à Paris, la CGT, c'est une histoire de famille. Sa mère l'a emmené à ses premières manifestations en 2006, contre le CPE, le contrat première embauche. Mais, jusque-là, il voyait un syndicat vieillissant : "La CGT, pour moi, c'était les boomers blancs avec la merguez-saucisse en début de manif, sourit Yanis. Et en fait, il y a toute une dynamique qui a changé ces derniers temps. Et je sais que des collègues plus jeunes aujourd'hui réfléchissent à me rejoindre."

Des changements incarnés par Sophie Binet, élue à la tête du syndicat il y a un mois. Nouveau visage attendu à la CFDT également, en juin prochain : Marylise Léon, qui prendra le relais de Laurent Berger, sans changer de méthode. Cela tombe bien pour Igor, analyste de données parisien, qui a adhéré au syndicat en février dernier justement pour les valeurs qu'il défend. "Ils sont plutôt dans le dialogue constructif, estime-t-il. Mon objectif au niveau de mon entreprise n'est pas d'être en conflit avec l'employeur et de bloquer à chaque fois toutes les discussions, mais d'essayer de trouver des solutions qui sont finalement avantageuses pour les deux côtés. C'est aussi important au niveau national."

Ces témoignages prouvent que le mouvement syndical a de beaux jours devant lui, selon Cyrille Lama, secrétaire confédéral de Force ouvrière : "Je crois qu'aujourd'hui la preuve est faite que les syndicats ne sont ni morts, ni out, ni has been, au contraire ! Il y a un intérêt, véritablement, des salariés de revenir vers les syndicats. On voit des nouveaux adhérents, et aussi d'anciens adhérents qui reprennent leur carte." Lui aussi a vu les demandes d'adhésions grimper en flèche : elles sont passées d'une cinquantaine par semaine à 250 depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites.

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