Retraites : les cheminots grévistes depuis le premier jour seront-ils privés de tout revenu à la fin du mois ?

Au 51e jour de grève, les cheminots grévistes s'inquiètent de leur prochaine fiche de paie. Certains pourraient toutefois limiter l'impact en demandant une avance sur salaire ou en faisant appel à la caisse de grève.

Une centaine de cheminots s\'étaient réunis le 12 juin 2018 devant le siège de la SNCF au CNIT à la Défense à Paris, au 29e jour d\'une grève.
Une centaine de cheminots s'étaient réunis le 12 juin 2018 devant le siège de la SNCF au CNIT à la Défense à Paris, au 29e jour d'une grève. (SADAK SOUICI / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Vendredi 24 janvier, certains cheminots à la SNCF ou agents à la RATP entament leur 51e jour de grève. Pour autant, tous ne seront pas sans aucun revenu à la fin du mois de janvier, la Cellule Le Vrai du Faux vous explique pourquoi.

Des fiches de paie pas forcément à 0 euro

Si les cheminots les plus mobilisés contre la réforme des retraites verront, dans leur grande majorité, leurs salaires largement amputés, certains pourront toutefois tenter de ne pas se retrouver avec une fiche de paie à zéro euro pour le mois de janvier. Les entreprises ont légalement la possibilité d'effectuer un étalement des retenues (pour les jours de grève). Contactée par franceinfo, la SNCF affirme, catégorique, qu'elle n'en effectuera aucun.

À la RATP, la direction explique que des demandes d'étalement des retenues ont été formulées pour janvier par des salariés mais qu'elle n'a pas encore tranché sur le fait d'accéder ou non à ces requêtes. Le syndicat CFE-CGC de la RATP assure que les demandes pour janvier ont été rejetées. Syndicats et directions s'accordent en tout cas pour confirmer que toutes les demandes du mois de décembre ont été refusées.

Les salariés peuvent aussi réclamer une avance sur salaire à leur employeur. Les demandes seront examinées au cas par cas. 

La caisse de solidarité en dernier recours

Tous les salariés grévistes peuvent toutefois demander un coup de pouce à la caisse de solidarité lancée en décembre par la CGT. Cette caisse de grève a collecté plus de 2,4 millions d'euros depuis le 5 décembre 2019 et le début du mouvement. Romain Altmann, secrétaire général du syndicat Info'Com-CGT à l'origine de la création de cette cagnotte, explique que 150 demandes lui ont été adressées. Une centaine de chèques a déjà été envoyée à des syndicats ou à des particuliers qui en avaient fait la demande. Au total, plus de 32 500 grévistes ont ainsi pu être aidés financièrement, comme l'indique le site internet caisse-solidarite.fr.

Capture écran du site caisse-solidarite.fr
Capture écran du site caisse-solidarite.fr (Caisse-solidarite.fr)

La caisse de solidarité traite les demandes par ordre d'arrivée. Tous les salariés ayant accompli au moins deux jours de grève consécutifs peuvent bénéficier d'une indemnisation, y compris les salariés non syndiqués ou syndiqués ailleurs qu'à la CGT. Un chèque de 250 000 euros a notamment été octroyé aux salariés grévistes de la RATP. Individuellement, les sommes restent modiques. Les "indemnisations" démarrent à cinq euros par jour et par gréviste et ne dépassent jamais 28 euros. Une cinquantaine de demandes restent en attente car la caisse dispose désormais d'un peu moins de 500 000 euros en réserve. Une nouvelle campagne de dons a été lancée par la CGT.