Réforme des retraites : "Il n’est pas question de faire la méthode du pourrissement", affirme la secrétaire d'État Christelle Dubos

Christelle Dubos, secrétaire d’État aux Solidarités et à la Santé, invitée de franceinfo le 3 janvier 2019.

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C'est la grève la plus longue dans les transports, depuis plus de 30 ans. La mobilisation contre la réforme ne s'est pas arrêtée pendant les fêtes de fin d'année et le dialogue semble complètement dans l'impasse. Les négociations doivent reprendre mardi 7 janvier. "Il reste à trouver le point de sortie avec l'ensemble des organisations syndicales. Je suis convaincue qu'il faut aller au bout de la réforme", a déclaré vendredi 3 janvier sur franceinfo Christelle Dubos, secrétaire d’État aux Solidarités et à la Santé. "Il n’est pas question de faire la méthode du pourrissement, c’est hors de question", a-t-elle ajouté.

Une réforme nécessaire avec des avancées sociales

"Cette réforme est nécessaire pour sauver notre système de retraite, pour nos enfants, nos petits-enfants, les générations futures, iniste Christelle Dubos. Le système de répartition ne change pas. Ce sont toujours les actifs qui cotiseront et paieront les retraites des retraités actuels. Le système fonctionne mais doit s'adapter au monde du travail qui change."

Christelle Dubos affirme que la réforme est porteuse d'avancées sociales et prend pour exemple les femmes élevant seules leurs enfants, "2,4 millions en France". "Elles ont parfois alterné chômage, travail. Elles ont parfois subi du temps partiel. Quand elles arrivent à 55 ans, elles se rendent compte que leur retraite elles ne pourront la prendre qu'à 67 ans. Avec notre nouveau système, elles pourront la prendre à 64 ans." Autre exemple cité par la secrétaire d'État, les précaires, les personnes au RSA, "près de 2 millions en France dont un sur deux est dans le dispositif depuis plus de quatre ans, qui reprennent un travail à temps partiel ne cotisent pas leur trimestre en totalité et donc elles ne cotisent pas pour leur retraite."

"L’universalité est maintenue"

La pénibilité fait partie des points de blocage entre le gouvernement et les syndicats. "Nous devons travailler à un système où la pénibilité est en fonction d'un métier, d’une carrière et pas d’une entreprise", a expliqué Christelle Dubos. Malgré les régimes spéciaux, "l’universalité est maintenue. Quand on dit universel, c’est que tous les Français vont y avoir accès. Tous les Français qui travaillent une heure vont y avoir accès. Actuellement, ce n’est pas le cas."

Les négociations vont reprendre ce mardi 7 janvier. "Les inquiétudes sont légitimes. Le dialogue social sert à trouver ensemble des solutions et pas de boucs émissaires. Il n’est pas question de faire la méthode du pourrissement", a assuré Christelle Dubos. De nombreuses actions sont annoncées, notamment le blocage des raffineries"Nous condamnons les blocages illégaux", a déclaré Christelle Dubos.

Christelle Dubos, secrétaire d’État aux Solidarités et à la Santé, invitée de franceinfo le 3 janvier 2019.
Christelle Dubos, secrétaire d’État aux Solidarités et à la Santé, invitée de franceinfo le 3 janvier 2019. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)