Mobilisation contre la réforme des retraites : à Paris, des commerçants sur le parcours des manifestations "essaient de s'adapter" pour éviter les débordements

Une dizaine de milliers de participants est attendue dans le cortège parisien, qui partira à 14 heures de la place de l'Opéra jusqu'à celle de la Bastille.
Article rédigé par France Info - Mathilde Romagnan
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Une vitrine cassée en marge d'une manifestation à Paris, le 17 mars 2023. (BERTRAND GUAY / AFP)

Dernière mobilisation avant le verdict constitutionnel. Des centaines de milliers de personnes opposées à la réforme des retraites avant le verdict du Conseil constitutionnel sont attendues dans les cortèges à travers la France, jeudi 13 avril, à l'appel de l'intersyndicale.

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La mobilisation devrait rester conséquente, bien qu'en décrue par rapport à la dernière journée d'action, il y a une semaine. Au ministère de l'Intérieur, le renseignement territorial prévoit entre 400 et 600 000 personnes dans les rues, à comparer avec les 570 000 recensés le 6 avril et 740 000 le 28 mars. "Demain, les gens pourront manifester contre le projet du gouvernement sans crainte, et en étant encadrés positivement par la police et la gendarmerie", a ainsi promis le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur France Bleu Gironde. Une dizaine de milliers de participants est attendue dans le
cortège parisien, qui doit s'élancer, jeudi 13 avril, à partir de 14 heures de la place de l'Opéra jusqu'à celle de la Bastille.

"J'ai un extincteur et masque de plongée"

Mais sur ce parcours parisien, l'inquiétude est de mise pour les commerçants. Patrick est le gérant d'un kiosque à journaux, places de la Bastille. Pour lui, une journée de manifestation, ça veut dire moins de clients. Malgré tout, il reste toujours ouvert. "Je veux savoir ce qui se passe. Minute par minute, j'adapterai ma stratégie. J'ai un extincteur, j'aurais un grand seau d'eau si par hasard, quelque chose commençait à brûler pour essayer de laisser mon kiosque en bon état", assure-t-il. Mais c'est plus par prévention : "Je n'ai pas eu trop de problèmes. J'avais vu lors de certaines manifestations les lacrymogènes voler devant mon kiosque. Mais maintenant, j'ai un masque de plongée qui m'isole au moins les yeux. J'essaie de m'adapter !

À quelques pas de là, boulevard Beaumarchais, la vitrine de la boutique Harley-Davidson est encore parsemée d'impacts. "On se fait littéralement attaquer à coups de pied-de-biche, de marteau, de pic à glace", dénonce Christophe, le gérant. Il l'assure d'ailleurs : les jours de manifestations, il est contraint de fermer boutique deux heures plus tôt que prévu, ce qui constitue un véritable manque à gagner pour lui, d'autant que sa clientèle est faite principalement de touristes. "Vous avez beaucoup de touristes qui ne comprennent pas ce qui se passe. Tous les Anglo-saxons sont effrayés. On me demande notamment si on nous a tirés dessus sur la vitrine. Vous pouvez passer à 16 h et c'était comme ça les fois précédentes...", regrette-t-il. 

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