Omissions de Jean-Paul Delevoye : Edouard Philippe estime que la "bonne foi" du haut-commissaire est "totale"

Le Premier ministre prend la défense de son haut-commissaire aux retraites, fragilisé par des révélations embarrassantes, en plein conflit social.

Le Premier ministre Edouard Philippe, le 10 décembre 2019 lors d\'une séance à l\'Assemblée nationale à Paris, en présence du haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye.
Le Premier ministre Edouard Philippe, le 10 décembre 2019 lors d'une séance à l'Assemblée nationale à Paris, en présence du haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Un cumul de fonctions interdit par la Constitution, des accusations de conflit d'intérêts avec les assurances… Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, est fragilisé. Et il n'exclut pas de démissionner pour préserver sa réforme des retraites, contestée de toutes parts. Mais il garde la confiance du Premier ministre.  

"Je pense que la bonne foi de Jean-Paul Delevoye est totale", affirme Edouard Philippe, interrogé par Le Parisien. "Il s'en est expliqué, insiste le chef du gouvernement. Quand il a eu la certitude que quelque chose dans sa déclaration n'allait pas, il a à la fois démissionné des mandats pour lesquels il n'était pas rémunéré, et s'est engagé à rembourser immédiatement les sommes en question."

"Erreur" et "omission par oubli"

Jean-Paul Delevoye a été épinglé pour ne pas avoir mentionné dans sa déclaration auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique sa fonction, depuis 2016, d'administrateur bénévole d'un institut de formation de l'assurance, l'Ifpass, un secteur qui convoite l'épargne retraite des Français. Plaidant "une erreur" et "une omission par oubli", le haut-commissaire a démissionné de ce poste aussitôt le scandale révélé.

Mais Jean-Paul Delevoye doit affronter une autre polémique liée à une autre fonction, qu'il avait bien déclarée : la présidence, depuis 2017, de Parallaxe, un institut de réflexion sur l'éducation dépendant du groupe de formation IGS, pour un montant de 5 368,38 euros net mensuels en 2018 et 2019. Il a ainsi perçu plus de 16 000 euros ces trois derniers mois, alors que la Constitution interdit "toute activité professionnelle" aux membres du gouvernement. Une nouvelle "erreur", reconnaît le haut-commissaire, qui dit avoir "remboursé les sommes" perçues.