Plan de 100 milliards d'euros : "Dix points de PIB sont consacrés" à la relance, ce n'est "pas ridicule", selon l'économiste Elie Cohen

Cet économiste, directeur de recherche au CNRS, considère sur franceinfo que le gouvernement est déterminé à déployer très rapidement l'argent du plan de relance présenté jeudi 3 septembre.

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Radio France
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Elie Cohen, économiste au CNRS, sur franceinfo le 14 mars 2020. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Si on compare les efforts faits par les différents pays européens, l'effort français n'est pas ridicule : à peu près dix points de PIB sont consacrés à cet effort de relance", a indiqué Elie Cohen, économiste, directeur de recherche au CNRS, jeudi 3 septembre sur franceinfo, alors que le gouvernement détaille aujourd'hui son plan de relance économique doté de 100 milliards d'euros. "Le gouvernement a l'air tout à fait déterminé à déployer cet argent très rapidement", a-t-il par ailleurs souligné, mais "il y a un véritable enjeu dans l'accélération des procédures".

franceinfo : 100 milliards d'euros, est-ce que c'est beaucoup, à l'échelle de la crise qu'on est en train de traverser ?

Elie Cohen : Oui, c'est beaucoup, surtout si l'on songe que c'est l'acte trois d'un dispositif qui a d'abord eu un premier volet dans l'urgence de la crise. Il a fallu aider les entreprises à ne pas disparaître. Il a fallu aider les salariés à garder des revenus alors même que l'activité baissait. Donc, le premier volet a été très important, avec notamment 300 milliards de crédits aux entreprises garanties, les fameux prêts garantis aux entreprises appuyées par la Banque Publique d'Investissement (BPI). Il y a également eu le fameux dispositif de chômage partiel qui a coûté plus de 30 milliards. Donc le premier volet a été très significatif et efficace, parce que les Français n'ont pas véritablement souffert de l'arrêt de l'activité, ni dans leurs revenus, ni dans leur travail.

Mais était-ce vraiment de l'argent nouveau ?

Bien sûr. Les 30 milliards d'euros du chômage partiel, vous ne les trouvez pas dans les fonds de tiroirs des ministères. On a vu le déficit se dégrader fortement et la dette monter fortement. C'est la preuve que c'est de l'argent qu'il a fallu trouver et qu'il a fallu emprunter. Le deuxième volet, c'était les plans sectoriels pour l'aéronautique ou le tourisme. Et là aussi, on a mis des moyens : six milliards ici, sept milliards par là. Et maintenant, c'est le troisième volet. On nous dit qu'il faut préparer l'avenir. Je crois que le président de la République a même parlé d'une perspective 2030. Il faut relancer l'investissement, avec cette originalité : on va faire de l'investissement avec une conditionnalité verte et une conditionnalité industrielle. C'est un dispositif assez nouveau. Ce qui est mis sur la table aujourd'hui, c'est 100 milliards d'euros. Si on compare avec les efforts faits par les différents pays européens, l'effort français n'est pas ridicule. À peu près dix points de PIB sont consacrés à cet effort de relance.

Est-on bien sûr que cet argent va arriver rapidement ?

Le gouvernement a l'air tout à fait déterminé à déployer cet argent très rapidement. Comme une grande partie de cet argent va être de l'investissement, cette dépense sera nécessairement étalée dans le temps. Je crois que le gouvernement s'est fixé un objectif de 30% de ce montant dépensé dès la première année. Cela signifie la mise en place de dispositifs particulièrement rapides, notamment pour ce qui est de l'isolation thermique et de la rénovation énergétique. On sait que ça prend du temps. On sait qu'il y a des autorisations diverses à demander, notamment lorsqu'il s'agit de grands bâtiments tertiaires, d'universités, d'écoles, etc. Il y a donc un véritable enjeu dans l'accélération des procédures.

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