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Les Grecs se moquent déjà de leur nouvelle télévision publique

Un embryon d'audiovisuel public a recommencé à émettre, jeudi, de façon artisanale, voire amateure. Les critiques pleuvent.

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France Télévisions
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Le logo de la nouvelle télévision publique EDT apparaît sur les écrans, le 10 juillet 2013, en Grèce. ( MAXPPP)

Après le blackout, un redémarrage laborieux. Le gouvernement grec a tenté, jeudi 11 juillet, de relancer un embryon d'audiovisuel public, sous la forme de rediffusions sur la nouvelle télévision publique, EDT, qui remplace l'ERT. Durant les premières heures de diffusion, les téléspectateurs ont eu droit à du noir et blanc, des mélodies des années 60, des films avec des acteurs disparus et des documentaires archéologiques.

L'exécutif avait prévenu, la veille, que dans un premier temps, faute de contenus originaux, le nouvel organisme devrait se contenter de rediffuser des fictions et des documentaires. Malgré la mise en place d'un bandeau d'information intermittent en bas de l'écran et le rétablissement de chaînes étrangères, certains éditorialistes avaient, jeudi, la dent dure contre "l'improvisation" et "l'amateurisme" de ce démarrage. Francetv info revient sur ces flops en série.

Une équipe bigarrée

La petite équipe chargée de relancer le nouvel audiovisuel public grec présente une allure aussi bigarrée que les programmes, ironisaient, jeudi, plusieurs médias grecs. Elle est composée d'un "technicien à la retraite, un ancien réalisateur de l'ERT passé sur une chaîne privée, un cadre du Centre grec du cinéma, un salarié de la chaîne parlementaire", a précisé le journal Eleftherotipia.

Un logo soviétique

Les commentaires n'étaient pas plus charitables à l'égard du logo de la nouvelle entité. Sur fond bleu, une sphère est posée sur un ruban bicolore, qu'un graphiste comparait aux rayures d'un dentifrice. Le quotidien Ta Nea a lui exhumé une troublante capture d'écran de la télévision soviétique des années 80, dont la ressemblance avec le logo de l'EDT est frappante.

Un réalisateur vexé

Le réalisateur de 84 ans Robert Manthoulis, dont le film Madame le maire (1960), a inauguré la programmation, a annoncé son intention de demander des dommages et intérêts pour une diffusion sur une chaîne "méprisable".

Des locaux toujours occupés

Au siège de la chaîne publique historique ERT, dans le nord d'Athènes, des dizaines d'employés continuent de se relayer quotidiennement pour proposer émissions et bulletins d'informations diffusés sur internet. L'ancienne "vache sacrée" de la fonction publique s'est muée depuis sa fermeture en média alternatif et contestataire, alors que ses 2 700 salariés ont reçu leur lettre de licenciement. Le ministre de l'Audiovisuel a affirmé, mardi, que le nouvel organisme était prêt à embaucher 2 000 anciens salariés de l'ERT avec paiement de compensation – à condition qu'ils évacuent le bâtiment. Une éventualité rejetée par les contestataires, qui qualifient de "pirate" la nouvelle télévision.

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