Audiovisuel public : "Pourquoi casser un outil qui fonctionne ?", s'interroge Sophie Binet

Invitée sur France Inter, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, souligne que les audiences de Radio France et de France Télévisions "ne cessent de progresser".
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, le 29 août 2023 sur France Inter. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

"Pourquoi casser un outil qui fonctionne ?", s'interroge, mercredi 13 mars, sur France Inter Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, après l'audition au Sénat de la ministre de la Culture. Devant la commission de la Culture et de la Communication du Sénat, Rachida Dati a déclaré mardi vouloir "une gouvernance unique" dès cette année pour l'audiovisuel public, qui comprend Radio France et France Télévisions.

Ce projet de BBC à la française "inquiète fortement" la CGT. Sa secrétaire générale apporte d'ailleurs son soutien la grève qui s'annonce à "Radio France le 26 mars". Sophie Binet craint qu'une "fusion ne se traduise par de la simplification". Elle alerte ainsi sur "le danger" que représenterait une fusion "en matière d'information" "dans un contexte où l'information n'a jamais été aussi concentrée dans les mains des milliardaires". "On a besoin d'avoir un service public fort pour garantir le droit à l'information des citoyens", plaide-t-elle. Elle constate que "le traitement de l'information par la radio et la télévision" ne sont pas les mêmes et juge donc "important d'avoir une pluralité du traitement de l'information".

Des audiences "qui ne cessent de progresser"

Sophie Binet salue par ailleurs les résultats de l'audiovisuel public "qui fonctionne très bien". Elle met en avant notamment à Radio France "les programmes de grande qualité et les audiences qui ne cessent de progresser, pareil à France Télévisions".

Un peu plus tôt, mercredi, le délégué central syndical de la CGT Radio France, Betrand Durand, alertait sur France Culture. "Il est à craindre que la radio pâtisse particulièrement de la création d'une holding", a-t-il déclaré. Faisant part de son "inquiétude pour la pérennité de la radio de service public et de ses missions". Il craint un "dépeçage de Radio France pour alimenter les différentes filiales de la holding".

Il explique que "France Télévisions est elle-même une holding, mais Radio France est une entreprise unique, avec des modes de production en interne auxquels on tient beaucoup et qui sont en lien avec la qualité des programmes diffusés".  Le syndicaliste considère que "Radio France a certainement plus besoin de moyens pour assurer ses missions et ses activités que d'une gouvernance, au prétexte qu'il faudrait rassembler des forces". Bertrand Durand estime d'ailleurs que "le fait de créer une holding ne va produire aucune économie, au contraire". Il cite ainsi le cas de la BBC "qui a particulièrement pâti en termes de moyens au moment du redimensionnement de ses activités".

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