Loi Travail : 170.000 manifestants selon les autorités, 500.000 selon la CGT, des blessés

Les manifestations contre la loi Travail ont rassemblé entre 170.000 et 500.000 personnes et ont quelque peu dégénéré ce jeudi. En France, 24 policiers et gendarmes ont été blessés dont trois grièvement. Et 124 personnes interpellées.

(Selon la CGT, l'ensemble des cortèges contre la loi Travail a rassemblé 500.000 personnes, 170 000 selon les autorités © MaxPPP)

Pour la quatrième fois en moins de deux mois, l'intersyndicale qui réunit salariés, étudiants et lycéens, appellait à la grève et à manifester ce jeudi contre le projet de loi El Khomri sur la réforme du travail. Selon la CGT, l'ensemble des cortèges a rassemblé 500.000 personnes, 170 000 personnes selon les autorités. Des défilés qui ont dégénéré dans certaines villes de France ; 24 policiers et gendarmes ont été blessés dont trois grièvement. 124 personnes ont été interpellées. 

Paris Le cortège principal est parti à 14h de la place Denfert-Rochereau à Paris. Selon la préfecture de police, entre 14.000 et 60.000 personnes ont manifesté selon les sources. En fin d'après-midi, des affrontements ont éclaté à l'arrivée d'un groupe de manifestants, loin devant le cortège principal, entre la gare d'Austerlitz et le secteur Reuilly-Diderot, près de la gare de Lyon. Deux policiers ont été blessés, dont l'un gravement. 

Deux policiers ont été blessés, dont un grièvement, et trois personnes interpellées pour violence contre les forces de l’ordre d'après la préfecture de police. Les CRS font face à un groupe de 300 individus cagoulés. La manifestation en elle-même a réuni 14 à 15.000 personnes selon les chiffres officiels, 60.000 selon la CGT.

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Marseille Dans l'après-midi, la préfecture de police de Marseille a de son côté annoncé l'arrestation de 57 personnes en tout, après divers incidents, notamment une intrusion de manifestants dans la gare Saint-Charles. Les chiffres sont caricaturaux : 4.800 manifestants selon la police, 30.000 selon FO, et même 75.000 selon la CGT.

Rennes Dès la matinée, certains manifestants ont défilé dans de nombreuses villes de France, avec parfois des débordements, comme à Rennes. Le cortège a d'abord réuni entre 4.000 et 13.000 personnes. En fin de manifestation, des casseurs ont fait usage d'une bombe artisanale. 

Les forces de l'ordre, visées par des projectiles, ont lancé du gaz lacrymogène pour empêcher les manifestants d'atteindre le centre historique, en particulier le Parlement de Bretagne. Les manifestants affirment que les affrontements ont fait 38 blessés dont 10 graves dans leurs rangs. Un seul est confirmé par la préfecture, un jeune homme de 20 ans blessé à l'oeil. Neuf policiers ont été blessés, et 18 personnes interpellées.

Des dégradations ont par ailleurs été signalées : un départ de feu a été rapidement maîtrisé par les pompiers, quai Châteaubriand, et plusieurs vitrines de magasins ont été taguées.

Le calme est finalement revenu vers 14h.

Amiens Dans l'après-midi, une partie des 1.000 manifestants sont parvenus à entrer dans l'hôtel de ville d'Amiens. Ils ont investi la salle du conseil municipal en réclamant un débat immédiat sur la loi travail.

Strasbourg Les manifestants strasbourgeois étaient eux 2.500 à 6.000 dans les rues. Une partie d'entre eux a bloqué l'autoroute A35 avant d'aller occuper le TNS, le Théâtre national de Strasbourg.

Nantes A Nantes, après le départ des 9.000 à 20.000 manifestants, des abris bus ont été explosés et un homme notamment a grimpé sur l'un des pylônes du tram, dont la circulation a dû être interrompue à la mi-journée dans le secteur concerné, sur les lignes 1 et 3. Un important dispositif de gendarmes mobiles protège les accès au centre-ville. Une Porsche a notamment été incendiée devant la préfecture. Des affrontements ont eu lieu également à Saint-Brieuc où quatre personnes ont été interpellées.

Des interpellations à Saint-Denis

Saint-Denis En banlieue parisienne, la mobilisation de lycéens qualifiés d'"anarchistes" par la police, a dégénéré. Une petite centaine a tenté de bloquer le port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le plus important port fluvial de région parisienne. Des pneus ont été incendiés, puis les manifestants ont pris le métro pour Saint-Denis, où ils ont été dispersés par les forces de l'ordre. Des témoins ont fait état d'interpellations.

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  Bordeaux Les manifestants étaient entre 4.500 et 10.000 à Bordeaux. Un cortège bis de 500 à 1.000 personnes a tenté de rejoindre la gare, avant d'être bloqué par les forces de l'ordre. Quatre personnes ont été interpelées.

Toulouse A Toulouse aussi, quelques échauffourées ont eu lieu entre 200 manifestants et les forces de l'ordre. Deux policiers ont été légèrement blessés à la tête. Le cortège principal avait rassemblé entre 3.500 et 5.000 personnes. A Caen, la mobilisation a été assez forte, 700 selon la police, 3.000 selon les syndicats.

Des cortèges ont également défilé à Grenoble, à Périgueux, Clermont-Ferrand ou encore au Mans. Les manifestants étaient un millier à Annecy. A Saint-Etienne, où ils étaient 2 à 5.000, la manifestation était plus bon enfant.