L'impôt prélevé à la source "n’est pas une simplification nécessaire"

Michel Sapin, ministre des Finances a assuré,dimanche matin, que le gouvernement était prêt à mettre en place le prélèvement de l'impôt à la source. Une mesure qui est loin de convaincre Gilles Carrez, député Les Républicains et président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

(Gilles Carrez, président commission Finances l'Assemblée nationale (Les Républicains) © THOMAS SAMSON / AFP)

Dès janvier 2018, l'employeur prélèvera l'impôt chaque mois directement sur le salaire avant de reverser la somme à l'administration fiscale. Gilles Carrez, député Les Républicains et président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, estime sur France Info que "le prélèvement à la source n'est pas une simplification nécessaire. Notre système actuel fonctionne bien. Avec le prélèvement à la source, on va se heurter à tout un ensemble de problèmes, notamment de confidentialité quoiqu'en dise le gouvernement. C'est l'employeur qui pratiquera le prélèvement à la source sur la fiche de salaire. Si les informations du contribuable restent confidentielles, le système ne fonctionnera pas et il faudra une régularisation en fin d'année. Il n'y aura donc aucune simplification. "

Bientôt une fusion entre la CSG et l'impôt sur le revenu ?

Pour le président de la commission des Finances de l'Assemblée, "le gouvernement souhaite avant tout avoir des objectifs politiques. D'abord fusionner la CSG et l'impôt sur le revenu. Ca fait partie des propositions du candidat François Hollande à la présidentielle. C'est dramatique pour les classes moyennes et moyennes supérieures. Aujourd'hui, à peine 45% des foyers fiscaux payent l'impôt sur le revenu. L'impôt sur le revenu est progressif, alors que la CSG, tout le monde la paye dès le premier euro au même taux. La CSG c'est plus de 80 milliards d'euros, l'impôt sur le revenu c'est seulement 70 milliards. C'est une hyper concentration de l'impôt sur les classes moyennes et moyennes supérieures. "

Nous défendons le système français "familialisé" d'impôt sur le revenu

Autre objectif selon Gilles Carrez, qui explique que "l'imposition, décalée d'un an, est une singularité française à laquelle nous sommes très attachés. Il est familialisé. Avec le prélèvement à la source, la familialisation disparaitra. L'étape suivante c'est la fusion avec la CSG et le remplacement du quotient familial par un crédit d'impôt forfaitaire par enfant. Nous défendons le système français "familialisé" d'impôt sur le revenu. "