Intermittents : un accord sur l’assurance chômage à la signature

Après le compromis sur l'indemnisation et des mesures pour l'emploi, la ministre de la Culture demande ce jeudi aux intermittents "de rendre au public le salles de spectacle occupées".

(Les intermittents avaient déployé mardi une banderole sur la façade du theatre Graslin de Nantes © SIPA / Sébastien Salom-Gomis)

Les discussions sur les règles d'indemnisation appliquées au secteur du spectacle ont abouti à un compromis dans la nuit ce jeudi. Il doit encore être validé par les partenaires sociaux à la table de l'Unedic. Entre-temps, le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé une participation de l'Etat à hauteur de 90 millions d'euros au fonds de soutien des intermittents. La ministre de la Culture a, de son côté, appelé à la fin des occupations de salles de spectacle.

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Un nouveau calcul "à l'ancienne"

Les intermittents ont obtenu ce qu'ils demandaient depuis 2003. Il s'agit du retour à l'ancien mode de calcul pour ouvrir des droits à l'indemnisation, soit 507 heures travaillées sur 12 mois à partir d'une date anniversaire. Il est question aussi d'une meilleure prise en compte des congés maternité et des heures d'enseignement.

Ces mesures vont augmenter le nombre de bénéficiaires ce qui provoque un coût. Les employeurs du secteur ont accepté une hausse de leurs cotisations de 1%, les employés vont aussi faire un effort. Mais faute de temps, les experts n'ont pas encore chiffré les conséquences de cet accord.

Quel avenir pour le compromis ? 

On voit mal le Medef, la CFDT, la CGC et la CFTC ratifier cet accord, car il ne tient pas compte du cadrage financier que ces quatre organisations avaient imposé au secteur, 185 millions d'euros d'économies par an sur quatre ans.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé jeudi la mise en œuvre du fonds de soutien à l'emploi, financé à hauteur "de 90 millions d'euros".

Mais si l'Etat compense ce que l'Unedic s'apprête à soustraire à ce régime particulier, on va vers une caisse autonome qu'une nouvelle majorité pourra défaire, dit la CGT du spectacle. Le syndicat a déposé un préavis de grève illimité pour ce jeudi, l'affaire est donc loin d'être terminée.

De son côté, la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, a qualifié l'accord d'"historique" et appelé les intermittents à cesser les occupations organisées ces derniers jours. "Compte tenu de l'accord, les salles de spectacle doivent désormais être rendues au public et ne pas être le lieu de revendications d'autre nature", a déclaré la ministre dans un communiqué.