Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Aliments ultra-transformés : un site et une application mobile pour les repérer et les éviter

Les aliments dits "ultra-transformés", soupçonnés d'être nocifs pour notre santé, sont partout dans les rayons des supermarchés. Comment les éviter ? Il existe un site et une application gratuits qui peuvent vous aider. Après un reportage sur ces "faux aliments", Elise Lucet recevait dans "Envoyé spécial" le fondateur de Open Food Facts, Stéphane Gigandet.

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Entre les étiquettes illisibles et les industriels de l'agroalimentaire qui gardent leurs secrets, vous êtes un peu perdu quand vous faites vos courses ? Comment faire le tri ? Après une enquête sur les aliments ultra-transformés, Elise Lucet recevait sur le plateau d'"Envoyé spécial" Stéphane Gigandet, fondateur de Open Food Facts.

Open Food Facts, comment ça marche ? "C'est une base de données sur les aliments, et aussi une application [pour téléphone portable] qui permet de scanner les aliments et d'obtenir très facilement deux indicateurs : le Nutri-score, qui indique la qualité nutritionnelle [trop de gras, de sucre, de sel, ou au contraire riche en fibres, fruits, légumes...], et le Groupe Nova, qui indique par une note de 1 [aliments simples et bruts] à 4 [aliments ultra-transformés] si un produit est transformé ou ultra-transformé." 

Deux exemples : les barres de céréales et les yaourts aux fruits. Des produits que nous croyons sains et que nous donnons chaque jour à nos enfants. En scannant le code-barres du paquet de céréales avec l'application Open Food Facts, on découvre un Nutri-score de D : "C'est pas terrible. Il y a beaucoup de gras, de sucre, et du sel." Le Groupe Nova, est de 4, "[ce] qui indique un aliment ultra-transformé", avec de nombreux additifs (lécithine, sorbitol...). Pour les yaourts, le Nutri-score est de C. Mieux, mais pas parfait : "C'est gras et, surtout, très sucré : presque 13% de sucre." (Les céréales pour petit déjeuner, précise l'invité, peuvent en contenir jusqu'à 40% !) Le Nova est de 4 là aussi : "dans ces yaourts, il y a des amidons modifiés et un épaississant, le carraghénane"

Au supermarché, qu'est-ce qui doit nous alerter ? Premier indicateur : la longueur de la liste des additifs sur l'emballage. Ensuite, la présence d'ingrédients "qui ont l'air chimique ou que vous ne mettriez pas vous-même dans la recette", explique Stéphane Gigandet. Exemple : les carottes râpées n'ont a priori pas besoin d'amidon transformé de pomme de terre ni de gomme xanthane...

Comment fait Open Food Facts pour avoir une telle base de données en étant indépendant et gratuit ? "C'est un projet bénévole, citoyen et collaboratif. Chacun peut participer avec l'application mobile, en scannant les produits et en prenant des photos du produit et du tableau nutritionnel. (...) On peut décrypter les étiquettes, et surtout comparer les produits." En quelques clics, vous pouvez ainsi comparer très rapidement la teneur en sucre de toutes les céréales pour petit déjeuner rentrées dans la base de données. Et choisir les meilleures pour vos enfants...

"Science citoyenne". "Les données rassemblées sont réutilisées par des équipes scientifiques, signale aussi Stéphane Gigandet, ce qui est très motivant pour nos contributeurs. Rien qu'en scannant des produits, on fait avancer la santé publique."

Une interview diffusée dans "Envoyé spécial" le 13 septembre 2018.

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Stéphane Gigandet, fondateur de Open Food Facts, invité d'"Envoyé spécial". (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)