Suppressions de postes chez Michelin : "Nous serons extrêmement attentifs aux compensations", le député Michel Fanget

Le fabricant de pneus français a annoncé mercredi la suppression de milliers de postes, sans départs contraints.

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Radio France
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Devant l'entrée de l'usine Michelin à Clermont-Ferrand, le 6 janvier 2021. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

Le groupe Michelin va supprimer jusqu'à 2 300 postes en France "d'ici trois ans", sans départs contraints. Le fabricant de pneus vise "une amélioration de sa compétitivité pouvant aller jusqu'à 5% par an" pour les activités tertiaires et pour l'industrie. "Nous serons extrêmement attentifs aux compensations", a déclaré sur franceinfo Michel Fanget, député Modem du Puy-de-Dôme, fils d’employés Michelin.

franceinfo : Que pensez-vous de cette décision du groupe Michelin ?

Michel Fanget : Il faut qu'on suive ça de façon précise, Michelin indique que les licenciements ne seront pas secs, qu'il y aurait des départs anticipés à la retraite ou des départs volontaires, pour préserver sa compétitivité et s'inscrire dans l'avenir. Ce problème s'est toujours posé. Dans les années 1980 c'était 70 000 employés, actuellement il y en a à peu près 10 000. Il y a eu des adaptations régulières. Dans les années 1990, il y avait déjà eu un plan de licenciement sévère qui avait été fait. François Michelin était venu en conseil municipal nous expliquer quels étaient les tenants et aboutissants des décisions prises à ce moment. Donc, ce n'est pas quelque chose qui est nouveau. Ce qui nous intéresse ce sont les compensations qui sont prévues, nous y seront extrêmement attentifs et je compte me rapprocher la semaine prochaine de la ministre Agnès Pannier-Runacher pour qu'on reste très vigilants aux annonces.

Quels types de compensations envisagez-vous ?

On pense à comment cela va se traduire sur le plan industriel. Actuellement, on veut absolument privilégier les sites industriels et produire en France. On nous annonce dans le même temps que Michelin veut s'investir dans des activités à forte valeur ajoutée, notamment dans le développement d'usine pour des piles à hydrogène. On comprend ces transitions qui sont nécessaires mais il ne faut pas qu'elles soient au détriment des salariés, il faut qu'ils soient accompagnés. En ce qui concerne la manufacture, j'avais dénoncé dans les années 1990 le fait qu'elle faisait des profits et licenciait par ailleurs. Entre l'équilibre qui est nécessaire et la nécessité de s'adapter en permanence au marché, il y a quelque chose de récurrent.

Qu'en est-il du site de Clermont-Ferrand ? Le Covid a-t-il joué un rôle ?

Michelin c'est plutôt le pneu haut de gamme, mais il est clair qu'il n'y a quasiment plus de production industrielle à Clermont-Ferrand. Par contre, Michelin investit énormément dans un centre de recherche près de la ville. Donc il y a toujours des adaptations régulières que l'on comprend. Notre souci est de suivre de très près ce qu'il se passe pour qu'on soit à l'écoute de tous ceux qui peuvent éventuellement souffrir de la situation. Je ne pense pas que les choses aient été envisagées avec la crise du Covid. Un plan comme celui-là a été anticipé. Je ne vois pas de relation ou d'effet d'aubaine avec le Covid.

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