Fermeture de Michelin à La Roche-sur-Yon : "C'est une véritable trahison, on est plus qu'en colère", réagissent les salariés

"On a travaillé dur. On était en 3x8, on est passé en 4x8, on a travaillé les dimanches. Et à la fin, on nous dit qu'on n'est pas rentables pour Michelin", se désole un salarié.

Les salariés du site Michelin de La Roche-sur-Yon, inquiets après l\'annonce de la fermeture de l\'usine, le 10 octobre 2019.
Les salariés du site Michelin de La Roche-sur-Yon, inquiets après l'annonce de la fermeture de l'usine, le 10 octobre 2019. (MARC BERTRAND / FRANCE-BLEU LOIRE OCÉAN)

Michelin a annoncé jeudi 10 octobre aux équipes travaillant à La Roche-sur-Yon en Vendée son intention de fermer le site, qui emploie 619 personnes, d'ici fin 2020. Michelin affirme qu'il donnera "à chaque salarié concerné la possibilité de rester au sein de l'entreprise en France".

"Il y a beaucoup de déceptions parce qu'ils ont beaucoup donné", a réagi Jean-Paul Chiochetti, le directeur France de Michelin, au micro de franceinfo après l'annonce. "Maintenant, il faut laisser à nos salariés le temps de partager ça avec leur famille, avec leurs proches. Et puis, on reviendra vers eux, le plus tôt possible."

Les salariés se sentent sacrifiés sur l'autel du bénéfice 

"On a travaillé dur. On était en 3x8, on est passé en 4x8, on a travaillé les dimanches", rappelle un salarié. Et à la fin, on nous dit qu'on n'est pas rentables pour Michelin. C'est triste." Depuis plusieurs mois, les salariés se sont "engagés à travers des changements d'horaires, notamment", a confirmé Nicolas Piron, délégué Sud chez Michelin. "On n'est pas restés les bras croisés à attendre que le ciel nous tombe sur la tête".

Pour les syndicats, "c'est une véritable trahison, Michelin ne tient pas ses engagements." "C'est dur pour tous les salariés. Certains ont pris leur voiture et sont partis parce qu'ils ne veulent pas craquer devant tout le monde. Psychologiquement tout le monde va être atteint", a expliqué Anthony Guilloteau, délégué CGT, au micro de franceinfo. "C'est une trahison".

On est devant des patrons voyous. Cela fait des années qu'on sait qu'on a des patrons qui usent les salariés, qui les font travailler juste pour faire du fric pour donner aux actionnaires.Anthony Guilloteau, délégué CGTà franceinfo

Un avis que partage Nicolas Piron, délégué Sud chez Michelin. Pour lui aussi "c'est une véritable trahison. Michelin ne tient pas ses engagements. On est plus qu'en colère." Si Michelin ferme l'usine de La Roche-sur-Yon ce n'est pas parce qu'elle est en déficit, mais "parce que l'entreprise est à la recherche de profits, de rentabilité de plus en plus importants. Les salariés du site en sont les victimes." 

"On va se battre"

"Pour l'instant, on va se battre pour les emplois les gars", a ajouté Anthony Guilloteau. "Michelin a touché du fric de l'État, plus de 300 millions en cinq ans. Ils se démerdent. Ils nous trouvent du taf, ici. On veut les mêmes salaires et du boulot sur le site de la Roche-sur-Yon."

Des négociations doivent officiellement commencé le 15 octobre avec les syndicats. Mais l'avocat, qui défend les intérêts de la CGT du site Michelin de La Roche-sur-Yon, a d'ores et déjà annoncé jeudi sur franceinfo, qu'il engageait une action en justice pour que le groupe revoit "sa feuille de route."