Baisse des dons : à l'Institut Pasteur, "c'est potentiellement deux ou trois unités qu'on ne financera pas ou qu'on ne créera pas"

L'Institut Pasteur "a observé une baisse des dons des particuliers de 11,5% en 2018", a affirmé lundi sur franceinfo Jean-François Chambon, le directeur de la communication et du mécénat à la fondation reconnue d'utilité publique.

L\'Institut Pasteur, à Paris, le 21 juillet 2017.
L'Institut Pasteur, à Paris, le 21 juillet 2017. (BERTRAND GUAY / AFP)

Alors que France Générosités a noté dans son baromètre annuel de la générosité "une baisse historique de 4,2% des dons des Français" en 2018, l'Institut Pasteur a enregistré une baisse beaucoup plus important. Elle s'élève à 11,5%, soit "2,5 millions d'euros de collecte en moins", a expliqué Jean-François Chambon. Le directeur de la communication et du mécénat à l'Institut Pasteur a répondu aux questions de franceinfo, lundi 8 avril.

franceinfo : Est-ce que vous êtes victime d'une diminution des dons ?

Jean-François Chambon : Oui. Elle est encore plus importante que la moyenne communiquée par France Générosités. On a observé une baisse auprès des particuliers de 11,5% en 2018. Cela fait 2,5 millions d'euros de collecte en moins par rapport à la collecte qu'on avait faite auprès des particuliers en 2017.

Est-ce que les raisons fiscales sont les seules explications ?

Il y a plusieurs raisons liées aux modifications du cadre fiscal en général. Ce qui a été particulièrement pénalisant pour nous, c'est la transformation de l'impôt sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière. Dans ce cadre-là, on a eu une baisse d'un quart de la collecte. Certains contribuables assujettis à l'ISF pouvaient faire une déduction à concurrence de 75% du don et de 50 000 euros. C'était des donateurs fortunés. Un très grand nombre d'entre eux qui étaient assujettis à l'ISF ne le sont plus à l'IFI. Ils n'ont donc pas réalisé leur don, ou alors ils l'ont réalisé dans le cadre des incitations qui existent sur l'impôt sur le revenu. Ils ont fait un don qui était moins important. On voit que la baisse de la collecte touche l'ensemble des donateurs. On a plus de 200 000 donateurs à l'Institut Pasteur. La très grande majorité, ce sont des donateurs modestes qui font des petits dons et quelques-uns sont des donateurs plus fortunés qui font souvent des dons plus importants. On a observé une baisse dans toutes les catégories.

Quelles sont les conséquences sur les programmes ?

Un million d'euros, c'est le budget qu'on alloue à une unité de recherche pour un an, sachant qu'on a 130 unités de recherche à l'Institut Pasteur. C'est potentiellement deux ou trois unités qu'on ne financera pas ou qu'on ne créera pas. Sur une année, on s'organise et on va plutôt diminuer les petites dépenses un peu partout. On n'en est pas encore à des mesures radicales, mais on appelle à la générosité des Français. On appelle nos donateurs à revenir vers nous en 2019. Et on discute aussi avec les autorités pour voir si on ne pourrait pas créer des dispositifs qui les inciteraient à revenir vers nous.