Baromètre de la générosité : la baisse des dons a été "historique" en 2018

Les dons ont baissé de 4,2% l'an dernier, selon Laurence Lepetit, déléguée générale de France générosités.

Pour la première fois depuis dix ans, le montant des dons aux associations est en baisse en 2018.
Pour la première fois depuis dix ans, le montant des dons aux associations est en baisse en 2018. (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

"L’année 2018 est particulière avec cette baisse historique de 4,2% des dons des Français", a déclaré Laurence Lepetit, déléguée générale de France générosités sur franceinfo lundi 8 avril, alors que vient d'être publié le dernier baromètre de la générosité. Le raison ? "La hausse de la CSG chez les donateurs les plus modestes", puisque que "le cœur des donateurs sont plutôt des retraités", a-t-elle affirmé.

franceinfo : Est-ce une baisse inédite ?

Laurence Lepetit : Oui, c’est vrai que ces dernières années, on bénéficiait d’un écosystème fiscal assez stable et que les dons avaient progressé de 9% entre 2013 et 2017, donc l’année 2018 est particulière (...). 94% des donateurs ont maintenu leur générosité en 2018, mais ils ont fait face à certaines difficultés et donc le montant global des dons est en baisse.

Comment peut-on l'expliquer ?

Le premier constat qui explique cette baisse, c’est la fragilité de la collecte liée aux dons ISF-IFI qui avaient constitué un levier de croissance majeure ces dernières années. Et puis l’impact de la hausse de la CSG chez les donateurs les plus modestes, et cela a un impact important, puisque que le cœur des donateurs sont plutôt des retraités.

Certaines associations s’en sortent-elles mieux que d’autres ?

Il y a une vraie diversité de situations entre les associations et les fondations qui sont liées à plusieurs facteurs. Sur les questions de fiscalité, seules les fondations étaient habilitées à collecter des dons dans le cadre de cet impôt et donc elles auront des résultats moins bons que dans d’autres organisations. Ensuite, il y a certaines causes qui ont mieux résisté que d’autres au changement de fiscalité. Les causes environnementales et animales et l’augmentation de la sensibilité des Français autour de ces sujets. Il y a déjà plein de façons de s’adresser et de solliciter les Français.

Y a-t-il intérêt à diversifier les sources de revenus ?

On sait que les organisations qui avaient une collecte sur les donateurs fidèles et réguliers et ceux qui sollicitaient leurs donateurs par prélèvement automatique ont mieux résisté. Aujourd’hui, les dons réguliers, c’est 50% de la collecte de l’ensemble des organisations. C’est une bonne manière de pouvoir soutenir dans la durée les organisations auxquelles on veut faire confiance.