Mariés, deux enfants, 6 000 euros par mois... Combien coûtent les réformes à la famille Michel ?

Après les annonces de la modulation des allocations familiales, de la suppression de la première tranche d'impôts et de la baisse du quotient familial, francetv info a décidé de faire les comptes pour un foyer imaginaire.

Allocations familiales, impôts sur le revenu, quotient familial, taxe foncière, taxe d\'habitation... Francetv info fait les comptes pour une famille lambda.
Allocations familiales, impôts sur le revenu, quotient familial, taxe foncière, taxe d'habitation... Francetv info fait les comptes pour une famille lambda. (THOMAS COEX / AFP)

Modulation des allocations familiales en fonction des revenus, suppression de la première tranche d'imposition, coup de rabot sur le quotient familial... Pour faire des économies, le gouvernement n'est pas tendre avec la famille. Afin d'y voir plus clair sur l'impact de ces réformes, francetv info a imaginé un exemple concret : la famille Michel, un couple vivant à Besançon (Doubs) et gagnant 6 000 euros par mois, avec deux enfants à charge, l'un de quatre ans, et l'autre de dix ans.

Les allocations familiales

La mesure : Cette modulation, qui sera effective au 1er juillet 2015, doit rapporter à l'Etat 400 millions d'euros en 2015, puis 800 millions en année pleine. Concrètement, les allocations familiales de base seront divisées par deux à partir de 6 000 euros de revenus pour le foyer, et par quatre à partir de 8 000 euros. Il n'y aura pas de changement pour les familles ayant moins de 6 000 euros de revenus. 

Pour notre couple : Notre couple est donc directement visé par cette mesure. La modulation va diviser par deux les versements. La famille Michel recevra alors environ 65 euros par mois, contre 129,35 actuellement. Perte : 772 euros à l'année.

A noter que notre famille fictive ne touche pas l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), car elles est versée aux foyers ayant à leur charge un enfant de moins de 3 ans, sous condition de ressources.

L'impôt sur le revenu 

Les mesures : Le plafond du quotient familial a été abaissé à deux reprises. En 2013, il est passé de 2 334 à 2 000 euros. Puis, en 2014, de 2 000 à 1 500 euros. Concrètement, cela signifie que l'avantage fiscal bénéficiant aux familles ne peut plus dépasser 1 500 euros par enfant.

Autre mesure : la suppression de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu au taux de 5,5%. Elle doit bénéficier à 6,1 millions de foyers fiscaux pour un coût de 3,2 milliards d'euros. Le seuil d'entrée de la tranche immédiatement supérieure, à 14%, est quant à lui baissé à 9 690 euros de revenu par part fiscale.

Pour notre couple : Avec un enfant de moins de six ans, dont une partie des frais de garde ont été déduits (1 115 euros), notre couple a payé 4 068 euros d'impôts en 2014. En 2015, avec le coup de rabot sur le quotient familial, la suppression de première tranche de l'impôt sur le revenu, et la baisse du seuil d'entrée de la tranche à 14 %, il devra débourser 4 858 euros. Perte : 790 euros.

La taxe d'habitation

La mesure : La taxe d'habitation est établie annuellement, en fonction de la situation du foyer au 1er janvier de l'année d'imposition. Encaissée par la commune, elle contribue au financement des services publics. Cette année, selon l'Observatoire du forum pour la gestion des villes, la hausse est modérée en raison de cette année électorale, mais devrait s'accélérer en 2015. 

Pour notre couple : Pas de chance pour eux, Besançon (Doubs) fait partie du top 10 des villes où la taxe d'habitation est la plus élevée. Cette année la famille doit débourser 1 213 euros, après une augmentation de 0,8% pour l'année 2014. Perte : 8 euros. 

La taxe foncière

La mesure : En moyenne, sur les 50 plus grandes villes de France (dont Besançon), la hausse de taxe foncière a été de 1,12% cette année contre 3% en 2013. Reste qu'en cinq ans, depuis 2008, cette taxe a tout de même augmenté de 21,3%.

Pour notre couple : Là encore, notre petite famille, propriétaire de son logement, n'est pas vernie, puisque Besançon est dans la fourchette haute du classement des villes dans lesquelles la taxe foncière est la plus élevée. Il leur en coutera cette année 1 075 euros, soit une augmentation de 0,9% par rapport à 2013.
Perte : 10 euros.