Arnaques à la location : pour les étudiants, des petites annonces "trop belles pour être vraies"

En un an, les signalements de fausses annonces de location ont bondi de 17%. Les étudiants sont les premiers visés.

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Radio France
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Ne jamais donner de l'argent surtout avant d'avoir signé un contrat de location, préconise Anne-Lise Duquoc. (RICHARD VILLALON / MAXPPP)

Le temps presse pour Mounira, en troisième année à l'université à Paris. La jeune femme recherche son logement grâce aux petites annonces postées sur internet, mais elles ne sont pas toutes fiables. "J'avais contacté le propriétaire, c'était assez facile, rapide, il m'a même proposé d'aller visiter le logement tout de suite, raconte-t-elle. Je lui ai posé la question de m'envoyer plus de photos et il ne m'a pas répondu, j'ai compris que c'était une arnaque et ça inquiète." Mounira n'est pas un cas isolé. Avec la rentrée universitaire, les étudiants en recherche de logement peuvent être confrontés à de fausses annonces de location. Et les signalements d'arnaque ont bondi de 17% en un an.

Grands espaces, petits prix : attention à l'arnaque

Ces arnaques ne sont pas toujours faciles à déceler mais Mounira a une technique : "Souvent c'est dans le prix du logement : quand on voit que c'est un grand espace et que le prix est bas, on sait qu'on est face à une arnaque."
 
À Rennes, ville de 70 000 étudiants, ces fausses annonces sont fréquentes. "Des annonces souvent trop belles pour être vraies, avec des prix attractifs, et derrière des personnes parfois très aimables qui expliquent qu'il faut avancer de l'argent", constate Anne-Lise Duquoc, elle anime le Point information logement jeunes à Rennes. 

"Le conseil premier qu'on donne, c'est de ne jamais donner d'argent. Surtout avant d'avoir signé un contrat de location, il faut rester d'être vigilant là-dessus."

Anne-Lise Duquoc, Point information logement jeunes à Rennes

à franceinfo

D'autant que les tentatives d'escroquerie sont de plus en plus audacieuses selon Laëtitia Caron, directrice générale de PAP.fr, le site d'annonces de particulier à particulier. "On peut qualifier certains réseaux de quasi-professionnels, ils évoluent en même temps que les vérifications qu'on peut faire, détaille Laëtita Caron. Aujourd'hui, il n'est pas rare qu'on ait ces escrocs en ligne, il y a quelques mois ils ne répondaient pas, on avait des échanges uniquement par mail. Aujourd'hui ils n'ont pas peur de répondre quand on les appelle pour leur demander des justificatifs."

Comment faire le tri entre les offres ?

La plupart des plateformes utilisent des algorithmes, le site PAP.fr a opté pour un contrôle humain avec deux personnes en charge de surveiller ces annonces il y a quelques années contre six personnes à temps plein aujourd'hui. "En ce moment, par exemple, on va contrôler entre 200 et 300 annonces par jour pour lesquelles on ne connaît pas le propriétaire, poursuit Laëtitia Caron, directrice générale de PAP.fr. Et on va bloquer environ 40 à 50 annonces pour lesquelles les documents que nous recevons ne nous permettent pas d'être convaincus de la fiabilité de l'annonce. Donc, on bloque le passage. Je ne peux pas donner l'intégralité des pièces qu'on demande pour éviter que les escrocs qui nous écouteraient aient le mode d'emploi."

Chaque étudiant peut signaler une arnaque sur Pharos, la plateforme officielle de signalement des contenus illicites sur internet.

Arnaques à la location : des annonces "trop belles pour être vraies" - Reportage de Sophie Auvigne
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