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Un an après la polémique, le centre d’hébergement d’urgence du 16e arrondissement de Paris s’est fondu dans le paysage

Alors que la Mairie de Paris a annoncé lundi sur franceinfo la création d’un deuxième centre d’hébergement d’urgence dans le 16e arrondissement de Paris, franceinfo s’est rendu à la Promesse de l'aube", ouvert un an plus tôt en lisière du bois de Boulogne.

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Radio France
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Le site de la Promesse de l'aube lors de sa construction en 2016. (THOMAS SAMSON / AFP)

Lundi 20 novembre, Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris chargé du Logement, de l'Habitat durable et de l'Hébergement d'urgence a annoncé sur franceinfo la création d'un deuxième centre d'hébergement dans le 16e arrondissement pour les sans-abris dans la capitale. Probablement implanté dans l'ancienne caserne Exelmans, il sera dédié aux femmes sans domiciles fixes.

Le site s'est complètement fondu dans le paysage

L'annonce de l'ouverture du premier centre d'hébergement d'urgence, en lisière du bois de Boulogne, avait suscité une forte mobilisation contre le projet de la part des riverains, 40 000 d'entre eux avaient même signé une pétition en ce sens. Mais un an après son ouverture, appelé "la Promesse de l'aube" le site s'est complètement fondu dans le paysage. Un portail fermé, des gardiens à l'entrée : le centre d'hébergement d'urgence se veut exemplaire sur la sécurité. "Nous avons cinq bâtiments, explique Mathieu Garin, le  directeur du site. Le jaune pour les communs et les bureaux, le rouge et le blanc pour les personnes seules, les bâtiments orange et vert pour les familles."

Tout pour ne pas gêner les riverains

Tout est fait ici depuis l'ouverture il y un an pour ne surtout pas gêner les habitants du très chic 16e arrondissement de Paris : les bâtiments épousent la courbe des arbres et les pensionnaires doivent respecter un certain nombre de règles. "Je m’assure que les abords soient aussi soignés que l’intérieur du centre en termes de propreté, poursuit-il. Certains riverains se sont plaints que du linge sèche aux fenêtres ou ses les rambardes du centre… Je m’applique donc à veiller à ce que ce ne soit plus le cas."

Wassilla et son mari Samir logent à la Promesse de l'aube depuis quatre mois avec leurs deux enfants. L'ainé est scolarisé dans une école du quartier en CM1. "Nous l’emmenons à l’école, il est normal, sourit-elle. Il n’a pas honte de dire qu’il habite ici… Un ami à lui l’invite chez lui. J’ai dit à sa mère que je ne pouvais pas inviter son fils à elle chez nous, que notre situation était un peu compliquée." L’autre maman, au courant, lui a simplement répondu qu’elle savait. Alors forcément, vivre dans le 16e arrondissement, même quand on dans une situation précaire, cela change un peu le quotidien.

"Le 16e, c'est du haut de gamme !"

"C’est vrai que les enfants ici sont très très bien éduqués. Le 16e, c’est du haut de gamme, le top. Les parents les emmènent en Jaguar ou en Maserati", décrit Stéphane, qui vit au centre depuis un an et travaille dans la sécurité, dans une école. Alors qu'il y a an, 40 000 riverains signaient une pétition contre l'implantation du site, depuis son ouverture les dons affluent. Des vêtements notamment, avec quelques surprises : ici, une veste Yves Saint-Laurent, là un vêtement Agnès B…

Pourtant la méfiance perdure. Laure a été très active contre l'arrivée du centre, elle promène son chien à deux pas du centre. "Nous avons compris que c’était un précédent à une construction, assure-t-elle. C’est un quartier vert et il n’y en a pas 15 000 dans Paris. Nous aimerions que le bois de Boulogne reste le bois de Boulogne." D'ici deux ans, le site doit être démonté. Les places d'hébergement d'urgence se concentrent à 90% dans le Nord et l'Est de Paris.

Paris : un an après la polémique, le centre d’hébergement d’urgence du 16e s’est fondu dans le paysage - reportage Benjamin Mathieu
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