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Précarité : le gouvernement doit "regarder en face cette jeunesse qui souffre", souligne la Fondation Abbé Pierre

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Article rédigé par France Info
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Outre la question du logement étudiant, la fondation Abbé Pierre rappelle son engagement en faveur d'un RSA jeune. En face du directeur général de l'ONG, la ministre du Logement a tenu à rappeler les engagements du gouvernement pour lutter contre la précarité des jeunes.

"Il faut impérativement qu'on produise beaucoup plus de logements étudiants", a plaidé le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, sur franceinfo mercredi, jour où cette fondation a dévoilé son rapport annuel sur le mal-logement. "L'objectif du gouvernement, c'était 60 000 logements étudiants à la fin de l'année, on en sera à 30 000", a-t-il déclaré, lors d'un débat avec la ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon.

"En fait, on en a bien produit 60 000 pendant le quinquennat, mais dans les 60 000, il n'y a pas que des logements sociaux aidés" au nombre de "35 000", il y a aussi "des logements libres qui sont parfois trop chers, lui a répondu la ministre. On a une aide fiscale sur les logements libres que je voudrais questionner, parce que ce n'est pas forcément une bonne idée d'aider fiscalement des gens qui produisent du logement trop cher", a-t-elle ajouté, tout en reconnaissant qu'"on a besoin de plus de logements étudiants".

La fondation Abbé Pierre demande "le RSA pour les moins de 25 ans"

Au-delà de la question du logement étudiant, Christophe Robert veut que le gouvernement "regarde en face cette jeunesse qui souffre" et "lui tende la main". "On a sorti un sondage il y a quelques semaines qui montre qu'un tiers des jeunes", en France, "sollicite des aides alimentaires", a-t-il souligné. La Fondation Abbé Pierre "s'est battue tout le quinquennat d'Emmanuel Macron pour demander à ce qu'enfin, pour les jeunes qui sont en rupture familiale, il y ait le RSA aux moins de 25 ans", a-t-il rappelé, regrettant que "ce ne soit toujours pas le cas".

"Sur les jeunes en rupture, on a une belle avancée qui est le contrat d'engagement jeunesse, lui a répondu Emmanuelle Wargon. C'est la suite des mesures d'insertion avec une allocation et on travaille sur un parcours pour les jeunes en rupture", qui sont "à la rue", "que les maraudes voient" et "qui sont en centre d'hébergement, pour leur ouvrir à la fois une allocation et un parcours d'insertion, parce qu'in fine, l'entrée dans la société c'est des études ou l'emploi, et ça c'est un vrai progrès de ce quinquennat", a-t-elle ajouté.



"Pour les 400 000" jeunes "qui vont bénéficier" du contrat d'engagement jeunesse, "c'est une bonne nouvelle", a concédé Christophe Robert. Toutefois, "ce n'est pas un droit ouvert, c'est pour 12 mois ou 18 mois". "Nous, on vous parle d'un droit ouvert, d'une protection, a-t-il insisté, car la France est le seul pays européen où il n'y a pas cette protection, avec un droit ouvert pour les jeunes de moins de 25 ans". "On va commencer avec 400 000, je pense qu'on ira plus loin", a répondu Emmanuelle Wargon. "Oui, il faut y aller vite", a conclu Christophe Robert.

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