Précarité étudiante : les associations alertent à nouveau sur des situations "d'extrême urgence"

Des centaines d'étudiants affluent devant les centres de distribution alimentaire partout en France. Avec le manque d'emplois étudiants, la précarité augmente.

Article rédigé par
Théo Uhart - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une file d'attente d'étudiants devant l'association Co'p1 solidarités étudiantes. (THÉO UHART / RADIO FRANCE)

Dans les files d'attente, les témoignages ressemblent beaucoup à ceux d'il y a un an. "Je n'ai pas le choix sinon, je ne mange pas", explique une jeune femme. Des étudiants en file indienne devant une distribution alimentaire, ces scènes continuent de se répéter chaque jeudi, vendredi et samedi devant les locaux de l'association Co'p1 dans le 14e arrondissement de Paris.

Durant la crise sanitaire les images d'étudiants par centaines dans les banques alimentaires avaient marqué les esprits. En septembre, le retour des jobs étudiants laissait espérer une amélioration de la situation. Mais en ce début d'hiver les associations d'aide alimentaire lancent à nouveau l'alerte, car la demande est en forte hausse.

"On a une demande qui est quatre à cinq fois supérieure à ce qu'on est capable de faire."

Benjamin Flohic, le directeur général de l'association Cop1 Solidarités Étudiants

à franinfo

Benjamin Flohic confirme que "ça ne va pas mieux du tout". "Nous, on fait une distribution pour entre 800 et 1 000 étudiants chaque semaine. On a ouvert 900 places et elles sont parties en 23 minutes", s'alarme-t-il.

Une distribution alimentaire à l'association Co'p1 solidarités étudiantes à Paris. (THÉO UHART / RADIO FRANCE)

Les commerces ont bien rouvert, pourtant, mais tout le monde n'a pas retrouvé son job étudiant, explique Ali, 19 ans. "Je travaillais comme employé polyvalent dans des hypermarchés, je donnais des flyers dans la rue. Je faisais n'importe quoi. Mais là je n'ai pas trouvé".

Des ressources financières épuisées 

Ce constat se vérifie partout en France. À Lyon, par exemple, le récit est le même une demande qui augmente et des associations qui ne peuvent plus suivre. Catherine Fillon, présidente du Comité de solidarité étudiante Lyon. "Je pense que certains avaient trouvé du boulot l'été, mais que les ressources financières de l'été se sont assez rapidement épuisées parce que le coût des courses et des biens de consommation courante est en train de grimper. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont dans une situation d'extrême urgence."

Pour Catherine Fillon, la crise sanitaire n'a été que le révélateur d'une précarité qui existait déjà. "Les enquêtes, elles étaient là. Les chiffres, ils étaient là. 20% des étudiants vivent en-dessous du seuil de pauvreté. C'était évident que même en sortant de la crise, on allait se retrouver avec des étudiants qui étaient précaires avant et qui le demeurent", explique Catherine Fillon.

Des étudiants parisiens qui bénéficient de l'aide de l'association Co'p1 solidarités étudiantes. (THÉO UHART / RADIO FRANCE)

Co'p1 prévoit aussi d'ouvrir des antennes dans d'autres villes comme Angers, dès la semaine prochaine. Les associations espèrent surtout une vraie prise de conscience politique à quelques mois de l'élection présidentielle.

La précarité étudiante qui repart à la hausse en ce début d'hiver. Un des dossiers du Quart d'Heure, le podcast quotidien d'actualité de la rédaction.

La précarité étudiante repart à la hausse en ce début d'hiver - Reportage de Théo Uhart
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