Hausse des prix de l'énergie : "Il faut abolir les coupures d'électricité" pour les plus précaires, demande la fondation Abbé Pierre

Son délégué général plaide pour la mise en place d'un "service minimum" de l'électricité, alors que les prix de l'énergie augmentent fortement depuis plusieurs mois. 

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Radio France
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Selon la fondation Abbé Pierre, 12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique en France (illustration).  (MARC OLLIVIER / MAXPPP)

Alors que les tarifs du gaz, de l'électricité et des carburants sont en hausse, le délégué général de la fondation Abbé Pierre a demandé au gouvernement mercredi 20 octobre sur franceinfo d'"abolir les coupures d'électricité" pour les Français qui n'ont pas les moyens de payer leurs factures. L'association estime que 12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique. Christophe Robert, le délégué général de cette fondation pour le logement des défavorisés, demande la mise en place d'un "service minimum", à hauteur de 1 000 watts.

franceinfo : En quoi consiste le service minimum de l'électricité que vous réclamez ?

Christophe Robert : Les coupures d'électricité créent des situations totalement indignes et ne permettent pas de vivre dans de bonnes conditions. En 2019, il y a eu 240 000 coupures d'électricité. Il faut abolir les coupures d'électricité et faire la même chose que pour l'eau : aujourd'hui, on ne peut pas la couper, seulement réduire sa capacité. Lorsque des personnes et des familles ont des difficultés, il faut mettre en place un service minimum qui pourrait tourner autour de 1 000 watts, ce qui permettrait de maintenir un frigo allumé, des lumières allumées, de pouvoir télétravailler et permettre à des gamins de faire leurs devoirs. Ce n'est pas confortable, mais ça éviterait d'entrer dans quelque chose qui est finalement de notre point de vue, d'un autre temps.

Les coupures de courant peuvent-elles être réalisées pendant la trêve hivernale ?

Non, les coupures ne peuvent s'opérer qu'en dehors de la trêve hivernale (...). Mais, en même temps, on a besoin d'électricité toute l'année. C'est la raison pour laquelle on pense qu'il faudrait vraiment abolir ces coupures. Cela ne veut pas qu'on éponge la dette, les fournisseurs pourraient engager des procédures de recouvrement. Pour autant, cela permettrait à nos concitoyens les plus fragiles, ceux qui rencontrent des difficultés, de pouvoir vivre dignement le temps de pouvoir échelonner la dette, retrouver des jours un peu meilleurs ou se faire aider par la collectivité. (...)

Avez-vous chiffré le coût de cette aide, que vous réclamez ?

Non, c'est difficile parce que, justement, l'abolition de la coupure ne veut pas dire qu'il y aurait une annulation de la dette. Il y aurait certainement un coût parce qu'une partie des ménages n'arriveraient peut-être pas à rembourser leurs dettes, mais c'est déjà le cas aujourd'hui. En revanche, ce que l'on sait, c'est qu'il pourrait y avoir une alliance économique entre les fonds de solidarité des départements, l'État - qui a ce rôle de protection aussi-, et les fournisseurs d'énergie qui pourraient se rassembler. Il n'est pas évident du tout qu'il y ait un coût important en la matière. Les fournisseurs ont déjà pratiqué ça, c'est-à-dire qu'ils sont dans une logique de ne plus couper l'accès à l'électricité, mais simplement limiter la puissance, et ça n'a pas généré des surcoûts considérables.

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