VIDEO. Les mineurs grévistes de 1948 sur le point d'être indemnisés

A l'automne 1948, plusieurs milliers de mineurs des sites du Nord-Pas-de-Calais avaient cessé le travail pour protester contre des décrets qui prévoyaient la baisse de leur rémunération. Beaucoup avaient été poursuivis en justice et condamnés.

BENJAMIN DELOMBRE et MATHIEU BENITO - FRANCE 3

Après plus de 60 ans de combat, ils obtiennent enfin satisfaction. Trente-et-un anciens mineurs du Nord Pas-de-Calais devraient bientôt être indemnisés par l'Etat français. La décision est d'ores et déjà inscrite dans le budget 2015. L'Etat reconnaît enfin le préjudice subi par ces mineurs durant les grandes grèves de 1948. Durant près de deux mois, ils avaient cessé le travail, notamment pour réclamer le maintien de leur salaire.

3 000 mineurs avaient été licenciés

Ils étaient une centaine à avoir tout perdu, travail et droits, pour avoir mené une action syndicale. "Tout s'est passé normalement, avec des grandes manifestations, jusqu'au jour où il y a eu l'occupation policière et militaire. C'est à partir de là que ça a dégénéré. Les mineurs ont défendu leurs puits", raconte Norbert Gilmez, ancien gréviste de 1948 devant la caméra de France 3.

Au terme de près de deux mois de grève, marqués par de très violents heurts avec les forces de l'ordre, près de 3 000 mineurs avaient été licenciés. Plusieurs centaines d'entre eux avaient été poursuivis en justice et condamnés, certains à des peines de prison ferme. En 1981, une loi d'amnistie avait été votée, permettant aux travailleurs licenciés pour des faits de grève et action syndicale d'obtenir réparation. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a demandé à Bercy d'indemniser des mineurs grévistes ainsi que leurs ayants droit.

Les mineurs grèvistes du Nord affrontent les CRS devant la sous-préfecture de Béthune (Pas-de-Calais), le 22 octobre 1948.
Les mineurs grèvistes du Nord affrontent les CRS devant la sous-préfecture de Béthune (Pas-de-Calais), le 22 octobre 1948. (INP / AFP)