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Grève dans les ports : "Il y a un relais qui est pris", estime Yves Veyrier (FO) qui "appelle tous les salariés à rejoindre la mobilisation" ce jeudi

Le secrétaire général de Force ouvrière Yves Veyrier refuse de considérer cette sixième journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites comme un "baroud d'honneur" en dépit d'une mobilisation en baisse notamment à la SNCF.

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Radio France
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Le secrétaire général de Force ouvrière Yves Veyrier, invité sur franceinfo, le 16 janvier 2020. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Alors qu'une opération "ports morts" a été lancée par la CGT jusqu'à ce vendredi, et que le taux de grévistes est en baisse à la SNCF, le secrétaire général de Force ouvrière Yves Veyrier, invité sur franceinfo jeudi 16 janvier, a expliqué qu'il ne s'agissait pas "d'un baroud d'honneur" des syndicats. Pour lui, "il y a un relais qui est pris" pour poursuivre la mobilisation. 

"Aujourd'hui ça va être une journée où on appelle tous les salariés notamment dans le secteur privé, les petites entreprises qui ont plus de mal à se mettre en grève à rejoindre la mobilisation pour montrer qu'on est tous et toutes concernés", a précisé Yves Veyrier.

>>Suivez notre direct sur la sixième journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites.

franceinfo : La mobilisation est en baisse à la SNCF avec moins de 5% de grévistes. Ce qui se passe dans les ports, c'est le baroud d'honneur des syndicats ?

Yves Veyrier : Je ne crois pas que ce soit un baroud d'honneur, il y a un relais qui est pris. Il y a beaucoup d'endroits dont on ne parle pas où il n'y a pas de grève reconductible mais des mouvements de débrayage. Aujourd'hui ça va être une journée où on appelle tous les salariés notamment dans le secteur privé, les petites entreprises qui ont plus de mal à se mettre en grève, à rejoindre la mobilisation pour montrer qu'on est tous et toutes concernés. 

La grève n'a pas que trop duré. Le problème qui n'a que trop duré c'est l'absence de prise en considération de ce que nous nous efforçons d'expliquer et de faire entendre sur ce que représente comme danger pour les retraites ce projet de régime unique par points.

Yves Veyrier, le secrétaire général de Force ouvrière

à franceinfo

Il y a urgence à ce qu'on revienne à la table des négociations, sans préalable. Ce projet de régime unique par points va dégrader les droits à la retraite.

Cette phrase d'Emmanuel Macron, "Il y aura peut-être 66 millions d'âges pivot en France mais on va y arriver", comment l'interprétez-vous ?

Si l'on parle d'apaisement, là c'est exactement l'inverse, il y a une formule hautaine qui veut faire passer le message que le gouvernement est inflexible et ne bougera pas. Il y a une deuxième signification, 66 millions d'âges pivot, ça veut dire, qu'il n'y aura plus un âge pivot, mais de nombreux âges pivot et que tout un chacun ne saura plus exactement ce que sera son droit à la retraite et l'âge auquel il pourra faire valoir ses droits à la retraite demain. Il y a une espèce d'aveuglement sur l'idée du système universel.

Cette phrase du président ne veut-t-il pas dire aussi que l'âge de départ tiendra compte de la pénibilité de chaque métier ou de chaque branche ?

La pénibilité on sait ce qu'il en est, ce sont les célèbres critères de pénibilité du compte prévention-pénibilité. Nous avions voulu qu'on négocie sur cette question de la pénibilité qui n'a rien à voir avec une modification du système de retraite, ça ne justifie en rien qu'on aille vers un régime unique par points. Aujourd'hui on nous refuse d'intégrer les critères (risques chimiques, charges lourdes) qui en étaient sortis, notamment, ou encore la question des risques psycho-sociaux qui est très importante. Il y a encore des accidents graves. Très récemment un délégué syndical FO a mis fin à ses jours parce qu'il y avait des déficiences sur le management. Cette question de la pénibilité doit être prise en compte. Ce que nous propose le gouvernement c'est de substituer un système qui ne marche pas suffisamment, qui n'est pas efficace, le compte prévention pénibilité, au dispositif qui existe notamment dans le secteur public, le service actif qui permet de faire ouvrir des droits à la retraite à partir de 57 ans quand on est agent hospitalier et qu'on a un travail très pénible.

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