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Grève à Air France : la consultation des salariés est "un pari très risqué"

Marc Ivaldi, spécialiste de l’économie industrielle et des transports, a expliqué, jeudi sur franceinfo, que "toute augmentation de salaire mettrait la compagnie dans une situation délicate".

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Radio France
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Le siège de la compagnie aérienne Air France au Roissy Pôle, à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). (MAXPPP)

Les salariés de la compagnie Air France sont appelés, jeudi 26 avril et jusqu’au 4 mai, à se prononcer sur l’accord salarial proposé par la direction, c’est-à-dire une hausse de salaire de 7% sur 4 ans. Les syndicats, eux, réclament une hausse immédiate de 5,1%. Trois syndicats de pilotes d'Air France ont annoncé, mercredi, avoir déposé un préavis de grève pour les 3, 4, 7 et 8 mai afin de peser dans les négociations pour les salaires. "Un pari très risqué", pour Marc Ivaldi, spécialiste de l’économie industrielle et des transports, invité de franceinfo.

franceinfo : Cette consultation est un coup de poker qui a une chance de réussir, ou c’est un pari perdu d’avance ?

Marc Ivaldi : C’est un pari très risqué. La réaction du Premier ministre montre que ce n’est pas gagné d’avance. Il dit que si ça ne marche pas, il va falloir se serrer la ceinture. Est-ce que le gouvernement va jouer sur une ligne très dure ? Ce n’est pas le pari que font les syndicats. Eux jouent la pression et ils ont raison, car on est dans une période où le trafic aérien est en croissance. Air France a fait de gros bénéfices l’an dernier.

5,1% d’augmentation de salaire immédiate, comme le réclame l'intersyndicale, c’est possible ?

La rentabilité d’Air France est l’une des plus basses d’Europe. Il faudrait que les résultats de la compagnie soient 30 à 40% plus élevés pour être au niveau de Lufthansa. Toute augmentation de salaire mettrait la compagnie dans une situation délicate.

Le gouvernement pourrait reprendre la main, mais de quelle manière ?

Je ne vois pas ce qu’il peut faire. Les marges de manœuvre sont faibles. L’une des solutions est de dire : tant pis, on attend et on laisse la grève se poursuivre. Mais je pense que cela sera difficile, car l’impact sur l’économie sera très fort.

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