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Grève des médecins libéraux : "La colère monte au lieu de diminuer", alerte Agnès Giannotti, la présidente du syndicat MG France

Les médecins libéraux en grève ont manifesté jeudi à Paris. Ils réclament de meilleures conditions de travail et une augmentation du tarif des consultations. Le ministre de la Santé se dit prêt à la faire, "dès lors que les besoins de santé des Français sont remplis".
Article rédigé par France Info
Radio France
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Les médecins libéraux en grève ont manifesté jeudi 5 janvier entre la place du Panthéon et le ministère de la Santé à Paris. (Marion Ferrère / Radio France)

"La colère monte au lieu de diminuer", a alerté jeudi 5 janvier sur franceinfo Agnès Giannotti, présidente de MG France, premier syndicat des médecins généralistes. Les médecins libéraux sont appelés à descendre dans la rue ce jeudi après-midi entre la place du Panthéon et le ministère de la Santé à Paris, pour obtenir une revalorisation de la consultation.

MG France, qui n'a pas appelé à la grève des médecins libéraux, "partage absolument la colère" des praticiens dans la rue, assure Agnès Giannotti. MG France "n'exclut pas, dans les semaines qui viennent, si les choses s'aggravaient, d'avoir aussi des mots d'ordre de grève", prévient sa présidente. "La colère est partagée parce qu'on a des projets de loi qui arrivent, qui ne sont que des destructions de notre métier et des contraintes sur la profession de médecin généraliste traitant."

MG France plaide pour "des revalorisations ciblées"

MG France ne partage pas la demande de revalorisation de la consultation à 50 euros, mais "réclame une revalorisation de la fonction de médecin généraliste traitant. C'est ce dont la population a besoin. On veut que les augmentations favorisent l'accès aux soins de la population et améliorent les conditions de travail des médecins traitants". C'est la raison pour laquelle "le mot d'ordre d'une consultation à 50 euros, quelle que soit la consultation", ne convenait pas à MG France, "parce qu'une consultation pour une angine, ce n'est pas la même chose que de prendre en charge quelqu'un qui a des pathologies chroniques, qui a beaucoup de problèmes et qui va nous prendre beaucoup plus de temps", explique Agnès Giannotti.

Elle veut que "ces fonctions spécifiques du médecin traitant" soient "revalorisées mais de façon importante. On veut des revalorisations ciblées pour que ça profite aux médecins traitants qui s'installent pour soigner la population et pas des consultations rapides dans des centres où les gens vont juste pour un motif de consultation." Mais Agnès Giannotti reconnaît que "la consultation de base doit augmenter, parce que qu'avec l'inflation, on est à 30 euros". 

Le syndicat dénonce les propos du ministre de la Santé

François Braun est pour une revalorisation gagnant-gagnant et parle "des droits et des devoirs des médecins". "Ça, je ne peux pas l'entendre", réagit la présidente de MG France. Selon elle, "si on continue à remettre des contraintes sur les médecins traitants qui font 55h par semaine" dont "un tiers a plus de 60 ans, tout le monde va arrêter, va fuir la profession. On n'aura plus généralistes demain pour soigner la population".

"Il faut arrêter de parler des devoirs. Des devoirs, depuis ces dernières années, cela ne fait qu'augmenter."

Agnès Giannotti

à franceinfo

Agnès Giannotti plaide pour "une incitation pour que les gens viennent" et non pas pour "des contraintes qui vont faire fuir les jeunes, qui vont faire fuir les vieux. Là, les conditions vont se dégrader pour tout le monde". Elle attend que la profession devienne attractive, rappelant que sur "80 000" généralistes "inscrits à l'Ordre des médecins, il n'y a que 50 000 qui sont médecins traitants. Il faut faire revenir vers la fonction médecins traitants ceux qui peuvent le faire et qui font autre chose".

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