Ecoles, hôpitaux, transports… Les perturbations à prévoir en raison de la grève dans la fonction publique mardi

Les syndicats s'opposent à plusieurs mesures annoncées par le gouvernement. Le mouvement devrait être très suivi et plusieurs services publics tourneront au ralenti.

Lors d\'une manifestation des agents de la fonction publique territoriale, le 7 mars 2017, à Paris.
Lors d'une manifestation des agents de la fonction publique territoriale, le 7 mars 2017, à Paris. (LEON TANGUY / MAXPPP)

L'appel unitaire a été lancé par tous les syndicats de fonctionnaires, une première depuis dix ans. Les 5,4 millions d'agents de la fonction publique sont appelés à faire grève et à manifester, mardi 10 octobre, pour faire entendre leur "profond désaccord" avec les mesures annoncées par le gouvernement les concernant : gel du point d'indice, rétablissement d'un jour de carence et suppression de 120 000 postes dans la Fonction publique sur l'ensemble du quinquennat.

Le mouvement s'annonce particulièrement suivi et va se traduire par des services publics au ralenti ou carrément à l'arrêt, avec écoles, crèches, bibliothèques ou gymnases impactés, en plus de perturbations dans les transports, hôpitaux ou services postaux.

La grève "très suivie" dans les écoles primaires

Tous les enseignants sont appelés à la grève par leurs syndicats, y compris ceux de l'enseignement privé. Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, s'attend à ce que le mouvement soit "très suivi" : selon elle, près d'un professeur des écoles sur deux (44%) fera grève. A Paris, le syndicat avait annoncé dès la semaine dernière que la moitié des enseignants devraient être en grève, avec 70 écoles fermées.

Trois sujets irritent particulièrement les enseignants : les salaires, la réinstauration du jour de carence et la réduction du nombre de contrats aidés, qui jouent un rôle-clé pour le bon fonctionnement des établissements.

La loi d'août 2008 a instauré un droit d'accueil des élèves en maternelle et élémentaire. Même si des enseignants sont en grève, l'école doit accueillir les enfants, un principe valable seulement dans le primaire. Mais dans certaines municipalités, le mouvement est également très suivi par les agents territoriaux. A tel point que la majorité des services d'animation et de restauration (pour la cantine), ainsi que le personnel administratif, sont également en grève et ne peuvent assurer cet accueil minimum. A Marseille, 325 cantines scolaires seront fermées, 81 proposeront un pique-nique aux enfants et 38 seront ouvertes. Le mouvement sera également très suivi dans les crèches de la ville : 49 seront fermées, 12 seront partiellement ouvertes et une seule assurera l'accueil des enfants normalement.

Des opérations reportées dans les hôpitaux 

C'est une première depuis la loi Bachelot de 2009 : une dizaine de syndicats de praticiens hospitaliers (PH) se sont joints à l'appel de la fonction publique. Médecins, pharmaciens et dentistes sont invités à faire grève avec les personnels paramédicaux (aides-soignants, infirmiers, etc...) pour dénoncer en chœur la dégradation de leurs conditions de travail et "l'étranglement financier" de l'hôpital.

Comme eux, les praticiens hospitaliers sont concernés par le gel du point d'indice ou le rétablissement du jour de carence en cas d'arrêt maladie. Ils s'élèvent plus généralement contre la baisse de leur pouvoir d'achat. Conséquence : des opérations chirurgicales pourraient être reportées.

Les trains continueront à circuler

La circulation des TGV, Transilien, TER, Eurostar et Thalys ne devrait pas être perturbée, malgré les appels à la grève lancés par plusieurs syndicats de la SNCF. C'est ce qu'a assuré, dimanche, la direction. 

La CFDT-cheminots, quatrième syndicat à la SNCF, a appelé à la grève contre la réforme du Code du travail et la hausse de la CSG. De son côté, SUD-rail (troisième syndicat) a lui aussi enjoint les cheminots à cesser le travail et à faire "converger" les luttes "pour faire plier le gouvernement".

La CGT, premier syndicat à la SNCF, n'a pas appelé à des débrayages, mais incite par "solidarité" les cheminots à rejoindre les cortèges des fonctionnaires.

Le métro parisien devrait rouler normalement

A la RATP, les trois syndicats représentatifs, CGT, Unsa et SUD, appellent surtout à manifester à République. Mais pour SUD (troisième syndicat), il faut y aller par "tous les moyens possibles" , y compris en faisant grève. La direction n'a pas encore communiqué ses prévisions de trafic.

La CGT-RATP, qui n'a pas déposé de préavis, évoque la construction de "convergences" afin de "faire reculer le patronat et le gouvernement" sur "toute remise en cause des droits des travailleurs et la destruction sociale". L'Unsa, dont le préavis concerne uniquement la maintenance, et SUD insistent, eux, sur la hausse de la CSG et la défense des "acquis" des agents RATP.

Près d'un tiers des vols annulés

Les contrôleurs aériens sont également appelés à faire grève par la CGT (deuxième syndicat), FO, la CFDT et l'Unsa. La direction générale de l'aviation civile (DGAC) a recommandé aux compagnies aériennes de réduire de 30% leurs vols mardi. Des perturbations sont attendues "sur l'ensemble du territoire".

Les annulations concernent les aéroports de Paris-CDG, Paris-Orly, Beauvais, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes. 

Des perturbations à La Poste, Orange ou encore Pôle emploi

Les salariés d'anciennes entreprises du secteur public comme La Poste et Orange, qui emploient encore des fonctionnaires, et plus largement pour la CGT "l'ensemble des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications" (SFR, Free, Chronopost...) sont aussi appelés à se mobiliser.

Même chose pour les agents, de droit public ou de droit privé, de Pôle emploi, pour protester contre des suppressions de postes et la présentation d'un budget en baisse de 4 milliards d'euros en cinq ans, ou pour ceux des chambres de commerce et d'industrie.