Témoignages Crise à l'hôpital : "On est déjà sous tension, ça va être encore pire" cet été, alertent des soignants lyonnais en grève

Lancée à l'appel de neuf syndicats et de deux collectifs du secteur de la santé, une journée de mobilisation est organisée ce mardi. Objectif : se mobiliser pour réclamer des hausses de salaires et d'effectifs, à la veille des élections législatives. 

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Le service de régulation médicale du Samu 69, basé à l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon, en mars 2020. (JEFF PACHOUD / AFP)

Pour la première fois, une équipe du SMUR 69 sera à l'arrêt cet été, annonce Nathalie Sabot. Un signal inquiétant pour cette infirmière depuis 20 ans, fidèle aux services d'urgences, en cette journée de mobilisation des soignants hospitaliers, répondant à l'appel lancé par neuf syndicats et de deux collectifs, en pleine crise des urgences et à quelques jours des législatives. "La fermeture d'une équipe du Samu complète, ça montre une tension avec des postes vacants, essentiellement sur les médecins. Et il y a beaucoup de postes vacants sur le personnel qui travaillent au centre de régulation du 15", détaille-t-elle. 

>> Crise de l'hôpital : des rassemblements prévus dans au moins 50 villes pour une nouvelle journée de mobilisation

Répondre au 15, le numéro d'urgence du Samu, c'est justement le travail d'Alexandre, assistant de régulation médicale basé à l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon. "Il y a les urgences de Givors qui ferment, de certaines cliniques aussi. Et là, le problème qui se pose, c'est que tout ce qui est institutions, ministères, associations professionnelles disent de faire le 15. On est déjà sous tension et là, ça va être encore pire", s'inquiète-t-il, à l'instant où l'hélicoptère du Samu vient de décoller pour une urgences. "Il y a environ 1500 dossiers médicaux par jour. Avec les beaux jours qui arrivent, et malheureusement, on va voir arriver des noyades maintenant, des accidents de moto, des accidents de vélo, tout ça...", regrette-t-il, soulignant que l'inquiétude pour l'été atteint tous les secteurs.

Y compris en gériatrie, dont Sabrina Ghefsi, aide-soignante au centre hospitalier gériatrique du Mont-D'Or, référente CGT, fait un triste bilan : "Dans un service de cinquante résidents, ce qu'on faisait par exemple à huit avant, aujourd'hui, on se retrouve à le faire à cinq, voire à quatre. Mais, au-delà des organisations dégradées, on nous pond les 12 heures, la 'solution miracle' en attendant de trouver du personnel."

>> CARTES. Crise à l'hôpital : les services d'urgence sont-ils en difficulté avant l'été dans votre département ?

"Redonner la possibilité de garantir le soin"

Pour cette première journée d'action du second quinquennat Macron, le syndicat a notamment prévu des rassemblements dans au moins cinquante villes à travers la France.

Malgré tous ces motifs d'inquiétudes et ses revendications, pas évident, dit Nicolas Barnaud, de l'union syndicale CGT du Rhône, de mobiliser pour cette énième journée.  "Il y a une forme de résignation qui a quand même été très orchestrée par le gouvernement avec l'octroi de ces 183 euros du Ségur. Mais, encore une fois, ça ne répond pas à la problématique : redonner la possibilité de garantir le soin ou l'accompagnement dans l'action sociale de qualité."

Selon un décompte de l'association Samu-Urgences de France réalisé fin mai, au moins 120 services limitent leur activité ou s'apprêtent à le faire, faute de soignants.

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