"Il y a un sentiment de trahison" chez les soignants, selon un membre du collectif Inter-Hôpitaux

Trois mois après le Ségur de la santé, le collectif Inter-Hôpitaux réclame toujours plus de moyens.

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Radio France
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Des soignants tiennent une banderole "ensemble pour défendre notre hopital et notre système de santé" lors d'une manifestation à Paris, le 14 février 2020. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le collectif Inter-Hôpitaux appelle à une nouvelle journée d'action pour la défense de l'hôpital jeudi 15 octobre. Ces soignants estiment que les augmentations de salaire négociées lors du Ségur de la santé, il y a trois mois, n'ont pas réglé la crise de l'hôpital. Emmanuel Macron a été interpellé à l'hôpital Rothschild lors d'une visite mardi 6 octobre par des manifestants qui réclament plus de moyens. "Il y a un sentiment de trahison" chez les soignants selon Olivier Milleron, cardiologue à l'hôpital Bichat, membre du collectif, invité de franceinfo.

"On est dans une situation très très fragile", déplore le cardiologue. "Sur le terrain, ce qui nous inquiète, c'est que les soignants continuent à partir", explique-t-il. "Effectivement, il y a eu un peu de revalorisation salariale, qui est loin du rattrapage qu'on demandait". Il rappelle que "les salaires de l'hôpital ont été gelés durant des années".

Des soignants déprimés qui fuient vers le privé

Olivier Milleron déclare qu'il y a aujourd'hui "des infirmiers qui disent qu'ils veulent devenir libraires. Ils sont complètement dégoûtés !", dénonce-t-il. Il regrette l'absence croissante d'attractivité de l'hôpital public : "Il y a des gens qui partent dans le privé parce qu'ils considèrent que les conditions de travail sont plus attractives". Enfin, il évoque le cas des soignants dont la condition psychologique se détériore : "Certains sont complètement déprimés et sont au bord du burn-out". Il rappelle que cette situation ne date pas de la crise sanitaire : "Il y avait déjà un quart des postes qui étaient vacants. Bien avant le COVID, quand on s'est mobilisé avec le collectif Inter-Hôpitaux, on considère qu'il y avait à peu près environ 800 à 1000 postes d'infirmières qui était à pourvoir".

Le médecin déplore aussi la dégradation de la qualité du service public : "Les gens ne supportent plus de ne pas avoir les moyens de donner du soin correct aux gens qui viennent à l'hôpital public". Olivier Milleron s'indigne : "le fait que l'on reparte comme avant, et qu'Emmanuel Macron nous dise aujourd'hui que c'est un problème d'organisation, c'est une provocation !".

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