Vidéo Lagardère, la fin d'un empire ? Quand Arnaud Lagardère perd la partie contre Vincent Bolloré

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Lagardère, la fin d'un empire ? Quand Arnaud Lagardère perd la partie contre Vincent Bolloré
Complément d'enquête / France 2
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France Télévisions

Alors que Vincent Bolloré s'apprête à racheter les derniers joyaux de la couronne Lagardère (parmi lesquels Europe 1 et Hachette), cet extrait de "Complément d'enquête" revient sur deux ans de bras de fer entre deux figures du capitalisme français. Le patron de Vivendi attendait son heure : elle arrive en avril 2020, quand il vient "en ami" à la rescousse d'Arnaud Lagardère – à l'instigation d'un certain Nicolas Sarkozy.

L'empire qu'il a hérité de son père était jadis aussi puissant dans le monde des médias et de l’édition que dans celui des marchands d’armes... mais Arnaud Lagardère vit peut-être ses derniers jours aux commandes de ce géant né dans la France des années Pompidou. "Complément d'enquête" retrace le 2 juin 2022 l'ascension et la chute de la maison Lagardère. 

Comment un groupe aussi influent a-t-il pu devenir une proie facile pour Vincent Bolloré, en passe d'acquérir Paris Match, Le Journal du dimanche, Europe 1, Hachette et les boutiques Relay des gares et aéroports du monde entier, soit les derniers joyaux de la couronne Lagardère ? Le milliardaire breton attendait son heure depuis des années – en fait, depuis la disparition brutale de Jean-Luc Lagardère en 2003. Et c'est un vieil ami de la famille qui lui a ouvert la porte.

Intervention de Nicolas Sarkozy 

Très endetté après des rachats infructueux, Arnaud Lagardère a vu ses difficultés s'aggraver avec la pandémie de Covid. Lorsqu'il demande de l'aide à celui qu'il appelle son "frère", Nicolas Sarkozy, celui-ci aurait contacté Vincent Bolloré. Sous couvert d'apporter son soutien, le patron de Vivendi pourrait bien procéder comme à son habitude... C'est-à-dire entrer au capital avec un petit pourcentage (10,6% au 24 avril 2020), pour ensuite "grignoter l'entreprise de l'intérieur, petit à petit", selon les mots de la journaliste des Jours Isabelle Roberts.

Arrivée de Bernard Arnault

Conscient du danger, Arnaud Lagardère aurait alors demandé la protection d'un autre milliardaire, encore plus puissant que Vincent Bolloré : Bernard Arnault. Le PDG de LVMH signe un chèque de 80 millions d'euros, en mémoire de son amitié avec le père d'Arnaud... mais peut-être aussi parce qu'il convoite Le JDD et Paris Match. Un projet qu'Emmanuel Macron, inquiet de l'orientation ultraconservatrice des médias détenus par Bolloré (notamment CNews), verrait d'un bon œil, selon plusieurs journalistes spécialistes des médias interrogés par "Complément d'enquête"...

Abandon de la commandite et fin de partie

Furieux de l'arrivée de Bernard Arnault, Vincent Bolloré va alors s'allier avec un fonds d'investissement britannique, deuxième actionnaire de Lagardère. Ensemble, ils pèsent près de la moitié du capital. L'héritier n'a plus qu'un atout : sa commandite. Ce statut juridique a été mis en place par son père pour s'assurer le contrôle de son entreprise même en étant minoritaire en capital. Contre un gros chèque (200 millions d'euros) et un poste de PDG pour six ans, Arnaud Lagardère accepte d'y renoncer. "Le 30 juin 2021, quand la fin de la commandite est votée en assemblée générale, raconte la journaliste du Monde Sandrine Cassini, c'est un peu la fin… puisque là, Lagardère devient une société normale. Ce jour-là, surtout, Lagardère peut être racheté par n'importe qui." 

Vincent Bolloré peut alors achever sa conquête éclair et lancer une OPA sur le groupe. C'est fini : Arnaud Lagardère a perdu.

Extrait de "Lagardère : la fin d'un empire ?", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 2 juin 2022.

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