Siemens envisage de délocaliser une des fiertés technologiques françaises

Selon "Libération", la conception des métros automatiques, une innovation technologique née en France, pourrait être transférée vers un site allemand du groupe.

Inauguration de la première navette automatique de la ligne 1 du métro, le 3 novembre 2011 à Paris.
Inauguration de la première navette automatique de la ligne 1 du métro, le 3 novembre 2011 à Paris. (VINCENT ISORE / IP3 PRESS / MAXPPP)

Les premiers métros automatiques ont vu le jour en France, mais une décision de Siemens, qui a hérité de ce savoir-faire en rachetant Matra Transport, pourrait bien transférer outre-Rhin le leadership dans ce domaine. Selon le quotidien Libération (article abonnés) du mercredi 30 novembre, le groupe prévoit de délocaliser en partie l'activité de conception des métros automatiques sur son site de Brunswick, en Allemagne. Cette activité emploie 750 personnes en France.

Deux projets seraient dans les cartons : celui concernant le développement des métros automatiques, aujourd'hui réalisé principalement au bureau d'études de Châtillon (Hauts-de-Seine), et la fabrication du métro Cityval, qui pourrait être délocalisée en Autriche. Des décisions d'autant plus choquantes, selon le quotidien, que Siemens aurait bénéficié de 26,5 millions d'euros d'aides publiques liées au métro automatique.

Inquiète, une délégation de la RATP, en plein chantier d'automatisation de la ligne 1 du métro parisien pour lequel Siemens est fournisseur, se serait rendue en Allemagne vendredi pour vérifier "l'efficacité et la sûreté de la technologie allemande", rapporte Libération.

Siemens dément vouloir délocaliser sa R&D

Jochen Eikholt, le patron de la division Mobility dans laquelle sont rassemblées ces activités, s'est rendu mardi à Châtillon pour tenter de calmer la colère des salariés, mis au courant du projet fin octobre, selon Libération. Les syndicats dénoncent une décision industrielle incohérente, le site allemand ne maîtrisant pas, d'après le quotidien, les dernières technologies relatives aux automatismes des métros.

Le groupe, de son côté, dément "tout projet de délocalisation de l'activité R&D en France sur le métro automatique" et affirme que la France demeurera "le centre mondial de compétences pour les métros automatiques"