La "prime dividendes" loin des 1 000 euros promis

La moyenne de cette prime annoncée au printemps par le gouvernement ne devrait guère dépasser les 300 euros pour les 10% de salariés concernés.

Une salariée de l\'usine Michelin de Cholet (Maine-et-Loire), le 17 septembre 2009.
Une salariée de l'usine Michelin de Cholet (Maine-et-Loire), le 17 septembre 2009. (FRÉDÉRIC GIROU / PHOTOPQR / OUEST FRANCE / MAXPPP)

Le 13 avril, François Baroin, alors ministre du Budget, avait promis une prime "d'au moins 1 000 euros" aux salariés dont l'entreprise distribue des dividendes en augmentation par rapport à la moyenne des deux années précédentes. Six mois plus tard, le compte n'y est pas. Alors que les négociations dans les entreprises doivent s'achever lundi 31 octobre, le montant moyen se situerait finalement entre 300 et 350 euros. 

L'Expansion souligne que si la négociation de la prime est certes obligatoire dans les sociétés de plus de 50 salariés, l'employeur peut décider unilatéralement de son montant en l'absence d'accord. Aucun minimum n'est par ailleurs prévu. Alors que le gouvernement assurait qu'environ 4 millions de Français bénéficieraient de cette mesure, seules 2,3 millions de personnes devraient finalement toucher cette prime, soit environ 10% des salariés. 

Aspect symbolique de la mesure

Dans la fourchette basse, on trouve des entreprises comme Securitas (8 euros), Capgemini (50 à 150 euros), Axa (100 euros), Groupama (110 euros) ou Carrefour (150 euros). A l'autre bout de l'échelle : Hermès (1 200 euros), Filassistance (800 euros), LVMH, Michelin ou Sanofi (600 euros). Chez STMicroelectronics (150 euros), les syndicats dénoncent une "mauvaise plaisanterie", en comparaison des 260 millions de dividendes distribués en 2011, et évoquent "des miettes" au regard des 5,5 millions d'euros perçus par le PDG en 2010.

Face à la déception, le ministère du Travail, cité par Le Figaro, préfère mettre en avant l'aspect symbolique de la mesure : "Ce qui compte au final, ce n'est pas tant le montant de la prime que le respect du principe d'équité fixé dans la loi. Sans l'intervention du gouvernement, les salariés n'auraient rien touché et les entreprises n'auraient pas ouvert de négociations avec les syndicats sur le partage de la valeur."