Bridgestone : un scénario présenté pour sauver l'usine de Béthune, les syndicats et les politiques attendent maintenant la réponse du constructeur

Le plan pour sauver la production de pneus dans l'usine, située dans le Pas-de-Calais, prévoit des investissements de l'ordre de 100 millions d'euros, et seulement 460 à 560 salariés sur 843 conserveraient leur emploi.

Article rédigé par
Guillaume Gaven - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Des syndicalistes et des employés se rassemblent devant l'usine Bridgestone à Béthune, le 17 septembre 2020, après l'annonce de la fermeture du site (photo d'illustration). (DENIS CHARLET / AFP)

Le gouvernement avait promis un point d’étape, trois semaines après l’annonce de la fermeture de l'usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais). Il avait aussi promis une contre-expertise, menée par le cabinet Accenture dont les premières conclusions détaillent un scénario pour sauver le site et qui ressemble au plan mis en place il y a sept ans en Italie pour sauver l'usine de Bari.

>> Usine Bridgestone de Béthune : comment l'Italie a empêché la fermeture de son site à Bari il y a sept ans

Un scénario prévu pour maintenir dans le Pas-de-Calais la production de trois millions de pneus par an. Cela nécessiterait des investissements conséquents, de l'ordre de 100 millions d'euros. Une somme nécessaire pour acheter notamment des machines plus récentes. Revers de la médaille, de 460 à 560 salariés conserveraient leur emploi alors qu’ils sont 843 aujourd’hui. Il leur serait demandé aussi des gains de productivité, entre 25 et 40% selon le cabinet Accenture. 

L’intersyndicale a tout de même accueilli ce scénario plutôt favorablement. Mais la balle est désormais dans le camp de la direction de Bridgestone, explique Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France : "Cet investissement de 100 millions d'euros, l'État, la Région et les collectivités locales sont prêt à y aller, et pas symboliquement, pas en mettant que 10, 20 ou 30%. Si c’est un beau projet qui tient la route avec les plans de relance, on sait faire. Mais la seule chose qu’il y a derrière, c'est qu'ils nous disent si c’est oui ou si c'est non. Et s'ils nous claquent la porte, ils devront assumer."

"Ils ont tué Béthune"

Assumer, sur le terrain judiciaire car l’avocat des salariés, Stéphane Ducro, en est persuadé, la fermeture de Béthune était préparée : "Bridgestone a fait 250 millions d’euros d’investissement en 2017-2018, dont zéro euro pour Béthune. Ils ont tué Béthune." De quoi faire juger, le cas échéant, que les licenciements étaient abusifs. Mais on n'en est pas là pour l’instant. Les discussions se poursuivent. Un nouveau rendez-vous est déjà prévu d’ici trois semaines.

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