Bridgestone : le gouvernement va mener "une contre-expertise" sur la fermeture du site de Béthune

La ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, explique qu'un cabinet de conseil va être mandaté pour revoir les différents scénarios alternatifs à une fermeture. De son côté, le groupe japonais explique que cette cessation de l'activité est la "seule option".

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Des employés du site Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais), le 17 septembre 2020. (DENIS CHARLET / AFP)

Le gouvernement va mener une contre-expertise après la décision de Bridgestone de fermer son site de Béthune (Pas-de-Calais), annonce la ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, lundi 21 septembre, à l'issue d'une réunion de crise avec la direction, les élus locaux et les représentants du personnel. "La direction [de Bridgestone] a bien compris que nous étions décidés à faire appliquer les législations protectrices pour les salariés", a déclaré pour sa part la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

Une nouvelle réunion devrait se tenir d'ici deux à trois semaines "pour revoir les différents scénarios alternatifs à une fermeture de site", a expliqué Agnès Pannier-Runacher. Le groupe Bridgestone nous a dit qu'ils "avaient examiné un certain nombre de scénarios. Nous voulons les contre-expertiser et nous allons mandater un cabinet-conseil, Accenture, qui connaît bien le marché du pneu automobile."

Celui-ci sera à la fois chargé d'examiner les scénarios de Bridgestone et de permettre au gouvernement de proposer à son tour des solutions, comme un site de recyclage de pneus.

Cette décision [de Bridgestone] appelle sans aucun doute une contre-expertise.

Agnès Pannier-Runacher, ministre de l'Industrie

Le gouvernement, les élus locaux et les syndicats de l'usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais) entendent faire pression sur la direction pour tenter d'éviter la fermeture du site du géant japonais du pneumatique, qui emploie 863 personnes. Les ministres de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, et du Travail, Elisabeth Borne, se sont entretenues avec des élus et la direction du groupe, en visioconférence, avant une seconde réunion avec des représentants du personnel et des élus.

La fermeture est "la seule option", affirme Bridgestone

De son côté, la direction de Bridgestone persiste et signe. Peu avant la prise de parole des ministres Elisabeth Borne et Agnès Pannier-Runacher, elle a expliqué qu'elle avait déjà étudié toutes les solutions alternatives possibles, "notamment celle de nouveaux investissements pour une production de pneus différents à Béthune". Dans son communiqué, le groupe explique pourtant que la fermeture du site de Béthune (Pas-de-Calais) est "la seule option qui permettrait de répondre à la surcapacité de production structurelle (...) et donc de sauvegarder la compétitivité de ses opérations en Europe".

Bridgestone a cependant assuré qu'elle était à la recherche "des entreprises susceptibles d'être intéressées par une reprise totale ou partielle du site et des employés ou pour développer des projets permettant de créer de nouvelles activités dans la région". Le groupe s'engage également à soutenir la mise en oeuvre des solutions qui pourraient être suscitées par cette démarche, y compris la reprise du site par des concurrents.

>> Bridgestone : quels sont les leviers du gouvernement pour sauver les emplois de l'usine de Béthune ?

"La direction nous a très expressément dit qu'elle était prête à ouvrir avec nous des solutions alternatives", a précisé Agnès Pannier-Runacher, interrogée sur ce communiqué publié par la direction de Bridgestone. "L'élément réputationnel, il ne faut pas le perdre de vue. Bridgestone a également une activité pour les particuliers, qui est Speedy, a également déclaré Agnès Pannier-Runacher en guise d'avertissement. Je crois que chacun regardera avec précision la façon dont ce groupe se comporte (...). Nous serons extrêmement exigeants sur le respect de la parole donnée."

Premier employeur de Béthune, une ville de 25 000 habitants, la multinationale a brutalement annoncé mercredi la "cessation définitive" de l'activité du site à l'horizon 2021, en invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coût. Vendredi dernier, direction et syndicats ont toutefois signé "un accord de méthode" donnant cinq mois à la discussion.

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