"Et à la fin, il n'y a rien" : dans l'opposition, le "contrat d'engagement jeune" fait l'unanimité contre lui

Cette mesure annoncée par Emmanuel Macron mardi 2 novembre promet aux moins de 25 ans sans formation ni emploi depuis plusieurs mois une allocation en échange d'une formation.

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Radio France
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Le Premier ministre Jean Castex détaille le dispositif "Contrat d'engagement jeune" annoncé par Emmanuel Macron, mardi 2 novembre 2021. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Ce sera finalement un "contrat d’engagement jeune". Emmanuel Macron a annoncé mardi 2 novembre la création d’une allocation pouvant aller jusqu'à 500 euros pour les jeunes de 18 à 25 ans éloignés de l’emploi en échange de 15 à 20 heures par semaine de formation ou d'accompagnement.  "Au moins 400 000 jeunes seront accompagnés en 2022", selon le Premier ministre, Jean Castex. À l’Assemblée, cette annonce est jugée insuffisante, autant à gauche qu’à droite.

"Il s'agit d'une mesure simple : de l'engagement, de l'assiduité, de la motivation et un État qui vous accompagne"assure Emmanuel Macron sur sa page Facebook. Eric Coquerel, député La France Insoumise, considère que ce contrat ne va pas régler le problème devenu récurent des jeunes qui font la queue pour des colis alimentaires. "Ils vont continuer à faire la queue et heureusement qu'il y a des association, des collectifs qui les aident parce que ce n'est pas l'Etat qui le fait", juge-t-il. Selon lui, "il n'y aura rien de changé par rapport à la situation actuelle. Je ne sais pas si les gens se rendent compte qu'on a un Président de la République qui fait des annonces et à la fin, il n'y a rien."

Chez les écologistes, on parle d’une politique de droite assumée. Mathieu Orphelin, porte-parole de Yannick Jadot, candidat à la présidentielle qui défend lui un revenu d’existences. "Ça montre que la priorité d'Emmanuel Macron n'est pas d'aider les jeunes précaires. Sa priorité est de renforcer cette idée reçue qui dit que plus on aide les jeunes, plus ils restent dans l'assistanat", estime-t-il.

"Un chèque de plus, sans provision"

La droite trouve, elle aussi, ce contrat peu convainquant. Pierre-Henri Dumont, député LR, souligne que les conditions d’attribution ne sont pas suffisantes. "On ne demande pas une obligation de réussite, par exemple. C'est juste une question d'assiduité. Au final, on s'aperçoit que ce qu'il est en train de faire c'est dépenser l'argent des Français pour assurer sa réélection", selon le député du Pas-de-Calais. "La mesure est valable uniquement en 2022, déplore Xavier Bertrand. On a un président qui ne se soucie pas du long terme, il fait campagne avec le chéquier de la France tous les jours et ça, c'est insupportable". "C'est un chèque de plus, sans provision à ce stade", a aussi critiqué le patron de LR, Christian Jacob

"C'est du clientélisme électoral, c'est extrêmement méprisant pour les Français et là, en l'occurrence, pour les jeunes", renchérit Nicolas Bay, député européen du Rassemblement national¸ mardi sur franceinfo. Selon lui, Emmanuel Macron "essaye de faire croire qu'il tient un peu ses promesses parce qu'on arrive à la fin et qu'il va falloir qu'il présente le bilan". "Tout cela est assez pitoyable et cela révèle non pas une vision pour le pays, à dix ans, quinze ou vingt ans, mais une volonté de faire en sorte que les différentes clientèles électorales ne lui soient pas trop hostiles avant l'échéance d'avril prochain."

Pas à la hauteur des enjeux pour la gauche, purement électoraliste et de l’assistanat à droite : la mesure fait l’unanimité contre elle dans les oppositions de l’Assemblée.

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